MALI – COUP D’ETAT : Une mutinerie conduit à l’arrestation du Président Ibrahim Boubacar Kéita

 Pendant toute la journée de ce mardi 18 août, ce fut la confusion totale avec des informations contradictoires. Avant l’annonce de son arrestation, le Premier ministre a publié un communiqué invitant les mutins à se ressaisir.

Le président Ibrahim Boubacar Kéita et son Premier ministre ont été arrêtés par des mutins ce mardi après midi ont indiqué plusieurs sources concordantes.

Selon des témoins, le Chef de l’Etat aurait été arrêté dans sa résidence à Sébéninkoro (commune IV du district de Bamako) et conduit sous bonne escorte au camp Soundjata Kéita de Kati où a éclaté une mutinerie tôt ce matin.

En effet, des coups de feu ont été entendus tôt ce mardi matin au camp militaire de Kati, une ville garnison sur les hauteurs de Bamako et à quelques kilomètres du palais présidentiel de Koulouba.

Quelques heures après, des coups de feu ont été aussi entendus à Bamako où l’arrestation des ministres et du président de l’Assemblée nationale était annoncée sur les réseaux sociaux.

Pendant toute la journée, ce fut la confusion totale avec des informations contradictoires. Avant l’annonce de son arrestation, le Premier ministre a publié un communiqué invitant les mutins à se ressaisir.

La France et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) ont aussi lancé le même appel aux mutins qui seraient dirigés par le Colonel de la Garde nationale Sadio Camara (ex-directeur du Prytanée militaire de Kati) et le Colonel Diaw, commandant adjoint du camp Soundjata Kéita de Kati. La télévision nationale (ORTM) n’émet plus depuis 18h (TU).

La CEDEAO, dans un communiqué publié dans la journée de mardi, a rappelé sa «ferme opposition à tout changement politique anticonstitutionnel et invite les militaires à demeurer dans une posture républicaine».

Elle a également rappelé qu’elle «condamne vigoureusement la tentative en cours et prendra toutes les mesures et actions nécessaires à la restauration de l’ordre constitutionnel, par le rétablissement des institutions démocratiquement élues, conformément aux dispositions de son Protocole additionnel sur la bonne gouvernance et la démocratie.

«Nous suivons avec inquiétude l’évolution de la situation aujourd’hui au Mali. Les USA s’opposent à tout changement extraconstitutionnel de gouvernement, que ce soit par ceux qui sont dans la rue ou par les forces de défense et de sécurité», a twitté l’émissaire américain pour le sahel, Peter Pham.

«Je condamne énergiquement l’arrestation du président Ibrahim Boubacar Kéita, du Premier Ministre et autres membres du Gouvernement maliens et appelle à leur libération immédiate», a déclaré le président de la Commission de l’Union africaine (UA), M. Moussa Faki, après l’annonce de l’arrestation du chef de l’Etat malien et de son chef de gouvernement.

Notons que le coup d’Etat qui a renversé le président Amadou Toumani Touré le 22 mars 2012 a commencé aussi par une mutinerie dans ce même camp de Kati.

Ces événements surviennent après la remise au Conseil de sécurité vendredi dernier d’un rapport des experts des Nations unies mettant en cause des officiers de l’armée malienne et des responsables de la Direction générale de la sécurité d’Etat (DGSE) dans le trafic de drogues et les massacres de populations civiles au centre du pays.

Il faut aussi rappeler que ce pays est en proie à une crise sociopolitique depuis juin dernier avec le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) qui exige la démission du président Ibrahim Boubacar Kéita et de son régime.
Malgré une médiation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les lignes n’ont pas bougé entre le pouvoir et les contestataires.

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