Genève, la Guinée n’est pas venue en spectatrice. À l’ouverture de la 79e Assemblée mondiale de la Santé, la délégation de Conakry affiche une posture claire, prendre part aux arbitrages qui dessineront la santé de demain, et y faire entendre une voix africaine assumée.
Conduite par la ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Oumou Khaïté Sall, la mission guinéenne s’inscrit dans une logique de montée en puissance. L’objectif n’est pas seulement de suivre les débats, mais d’y porter une ambition nationale structurée autour du programme Simandou 2040. Pour le président Mamadi Doumbouya, la santé figure parmi les leviers prioritaires de transformation du pays à l’horizon 2040. Genève devient donc un prolongement de cette stratégie.
Sur la table des négociations, les sujets ne manquent pas. La lutte contre les zoonoses, ces maladies transmises de l’animal à l’homme, occupe une place centrale, tout comme le renforcement des systèmes de santé pour les rendre plus réactifs et plus résilients. La Guinée insiste également sur deux chantiers jugés décisifs : la formation et la fidélisation du personnel soignant, et l’accélération vers la couverture sanitaire universelle.

Ces questions résonnent particulièrement dans un contexte où de nombreux systèmes de santé africains peinent encore à absorber les chocs et à garantir un accès équitable aux soins. Pour Conakry, l’enjeu est double : sécuriser des soutiens techniques et financiers, mais aussi montrer que le pays est prêt à assumer ses responsabilités dans la gouvernance sanitaire mondiale.
La participation guinéenne s’inscrit dans une volonté plus large de rompre avec une posture d’attente. Il s’agit désormais d’influencer, d’anticiper et de construire des partenariats concrets. À Genève, chaque échange, chaque intervention, vise à traduire la vision du Simandou 2040 en engagements opérationnels.
En venant défendre sa place dans cette enceinte, la Guinée signale un changement de braquet. L’heure n’est plus uniquement au diagnostic des faiblesses, mais à la proposition de solutions et à la recherche d’alliances capables de les mettre en œuvre. La santé mondiale se joue aussi à ce niveau-là, et Conakry entend bien ne pas manquer le rendez-vous.
Djoumè Sacko, www.lavoixdupeuple.info








