Pendant les périodes de colonisation, les missionnaires chrétiens et arabes exigeaient souvent que les nouveaux convertis adoptent des prénoms bibliques ou musulmans, considérés comme plus « civilisés et proches de Dieu ».
Des millions d’Africains ont ainsi été baptisés Jean, Pierre, Marie, Fatima, Ahmed, Abdoulaye ou Aïcha, abandonnant au passage leurs noms d’origine. Ces prénoms, sans aucune référence aux origines culturelles de ceux qui les portent, sont le reflet d’une époque où l’assimilation culturelle était encouragée, voire imposée.
Dans la tradition, un prénom est bien plus qu’un simple mot : c’est une histoire, une identité, un héritage. L’effacement progressif des prénoms traditionnels, pourtant porteurs de sens et de mémoire, ou l’attribution de prénoms arabes et occidentaux aux Africains, au détriment de leurs prénoms africains, mène inéluctablement à un changement radical qui déconnecte les communautés de leur véritable identité. Un changement qui, parfois, n’est pas voulu par les sociétés et les cultures du continent.
Réveille-toi, Afrique, car tu as trop dormi. Un peuple culturellement colonisé ne peut prétendre être libre.
Sayon Mara
Juriste










