Les conseillers nationaux du conseil national de la transition, ont adopté ce mardi 14 avril 2026, le projet de loi ordinaire portant ‘’organisation du secteur du tourisme en République de Guinée’’. C’était à l’occasion d’une plénière tenue à cet effet à l’hémicycle du Palais du Peuple, en présence des ministres de la République, des membres du gouvernement et de plusieurs invités. Cette démarche des autorités, s’inscrit dans la volonté politique de doter la République de Guinée d’un cadre juridique moderne et structurant, capable d’assurer la régulation, la promotion et la pérennité du secteur du tourisme, conformément aux standards internationaux. Cela afin de permettre au pays d’exploiter pleinement son potentiel touristique, de générer des recettes substantielles et de créer des emplois durables.

En présentant le rapport relatif à ce projet de loi qui a connu un examen en commissions et en inter-commissions au sein de l’organe législatif, le rapporteur général de la Commission Santé, Éducation, Affaires sociales et culturelles, Sékou Doré a dit qu’il : « s’agira entre autres de concevoir et développer un produit touristique compétitif ; promouvoir les loisirs et développer les activités touristiques en liaison avec les partenaires sociaux ; appuyer et coordonner les initiatives publiques, privées, associatives et communautaires en matière de tourisme ; définir les principes, normes et obligations légales des activités touristiques ; promouvoir la destination Guinée ; formaliser les métiers du tourisme ; promouvoir et valoriser le tourisme interne. C’est une réforme législative indispensable et urgente pour structurer, réguler et dynamiser le secteur, en lien avec le pilier 2 du programme Simandou 2040 », a-t-il déclaré.

Ce projet de loi de sept (7) Chapitres, cinq (5) sections et 92 articles met fin à un vide juridique et pose un cadre clair pour l’organisation, la protection et le développement du tourisme dans le pays. C’est pour cette raison que devant les conseillers nationaux, le ministre de la Culture, du Tourisme, de l’Artisanat et de l’hôtellerie, Moussa Moise Sylla a déclaré que : « Sur le plan institutionnel, il consacre une politique nationale du tourisme cohérente en articulant harmonieusement les rôles de l’État, des collectivités décentralisées et des acteurs non étatiques dans le respect du principe de subsidiarité. Sur le plan professionnel, il fixe les conditions claires d’exercice des professions touristiques, formalise les métiers et impose des standards de qualité opposables à tous, mettant ainsi fin à l’informel qui mine notre secteur. Sur le plan économique, il introduit pour la première fois dans notre législation un chapitre entier consacré au financement et à la valorisation du secteur, prévoyant des ressources, des mécanismes innovants ainsi que des avantages fiscaux incitatifs. Sur le plan de la protection, il garantit les droits des consommateurs, impose des obligations strictes aux opérateurs en matière d’information, d’hygiène, de sécurité et de respect de la dignité humaine. Sur le plan répressif, il prévoit un régime de sanctions administratives et pénales graduées et dissuasives, proscrit notamment le tourisme sexuel et le proxénétisme et consacre des contrôles assermentés. Sur le plan transitoire, il accorde un délai raisonnable aux opérateurs en activité pour se conformer aux nouvelles dispositions garantissant ainsi une transition ordonnée et juste », a-t-il souligné.
Moussa Moïse Sylla a par ailleurs pris l’engagement d’intégrer, dans les textes d’application, les recommandations formulées par les conseillers nationaux. Parmi celles-ci figurent la professionnalisation accrue des acteurs, le renforcement du fonds de développement touristique, la création d’une plateforme nationale de réservation, la formation continue, le désenclavement des sites touristiques ou encore l’élaboration d’une cartographie nationale du secteur.
La vulgarisation de la loi, a-t-il assuré, sera également une priorité afin de garantir son appropriation par l’ensemble des acteurs.
M’Böh Oumar










