Obtenir un passeport en Guinée sans y laisser des semaines et une bonne dose de patience. C’était impensable il y a encore quelques mois. Depuis ce mardi, le scénario change. Un centre dédié au traitement express des passeports a ouvert ses portes à Kipé, dans l’un des quartiers les plus actifs de Conakry, avec une promesse simple , réduire drastiquement les délais.
L’inauguration a été menée par le Premier ministre Amadou Oury Bah, aux côtés d’Ahmed Mohamed Oury Diallo, ministre de la Sécurité et de la Protection civile, et de plusieurs membres du gouvernement. L’ambition affichée est claire , sortir les usagers des files d’attente interminables et des démarches opaques qui ont longtemps fait la réputation du service.


Désormais, trois fenêtres de traitement sont proposées selon l’urgence du dossier. Les citoyens peuvent opter pour une délivrance en 24 heures, 48 heures ou 72 heures. « Les usagers pourront désormais obtenir leurs documents en 24 heures, 48 heures ou 72 heures, selon le degré d’urgence », a précisé le ministre, cité par la Primature. Une formule qui vise à s’adapter aux besoins réels, qu’il s’agisse d’un déplacement professionnel imprévu, d’une urgence médicale ou d’un voyage programmé à la dernière minute.
Le choix de Kipé n’est pas anodin. En installant ce guichet express dans un quartier accessible et structuré, les autorités entendent rapprocher le service public des citoyens et désengorger les circuits classiques. L’objectif affiché dépasse la simple accélération : il s’agit de moderniser en profondeur la chaîne administrative liée aux documents de voyage.
Cette ouverture s’inscrit dans la continuité de la décentralisation des centres d’enrôlement déjà déployés dans plusieurs grandes villes du pays. Avec ce nouveau maillon, le ministère de la Sécurité et de la Protection civile veut passer d’une logique de tolérance des lenteurs à une logique de résultat. La qualité du service public devient le critère, et le temps de traitement, l’indicateur visible.
Pour des milliers de Guinéens, le changement est concret. Là où l’obtention d’un passeport ressemblait souvent à un parcours semé d’obstacles, l’administration propose aujourd’hui un circuit lisible, cadencé et prévisible. Reste à voir comment le dispositif tiendra la charge face à la demande, mais le signal envoyé est net : l’État veut rendre le temps de l’usager aussi précieux que le sien.
Djoumè SACKO, www.lavoixdupeuple.info








