Conakry et Kankan sonnent l’alerte. Ce 8 mai 2026 – Le constat est brutal. De plus en plus d’enfants passent leurs journées dans les carrefours, les marchés, les garages, les ateliers, sur les chantiers ou dans les circuits de mendicité. Des lieux qui les exposent à des dangers physiques, à des atteintes à leur santé, à leur moralité et à leur scolarité.
Face à cette situation jugée préoccupante, la réponse judiciaire se veut ferme. Les parquets d’instance des ressorts de Conakry et de Kankan ont reçu instruction de renforcer sans délai les dispositifs de prévention et de protection de l’enfance.
Les nouvelles directives s’appuient sur le Code de l’Enfant. Elles ciblent en priorité la lutte contre la mendicité des mineurs, l’exploitation économique, les travaux dangereux et les pires formes de travail des enfants.
Sur le terrain, les magistrats ne seront pas seuls. La collaboration est élargie aux officiers de police judiciaire, aux autorités administratives et communales, aux acteurs éducatifs et sociaux, ainsi qu’aux inspections du travail. L’objectif : conjuguer veille, sensibilisation, identification et mise à l’abri des enfants en situation de vulnérabilité.
Pour cette décision, protéger un enfant relève d’une obligation légale, morale et institutionnelle. Parents et tuteurs sont concernés au premier chef. Mais le message vise aussi les employeurs, les responsables d’ateliers, de chantiers et de garages, ainsi que les leaders communautaires et religieux. Tous sont appelés à mettre fin aux pratiques qui maintiennent des mineurs dans des environnements dangereux.
Désormais, tout agissement portant atteinte aux droits et à la dignité d’un enfant expose son auteur à des poursuites pénales systématiques. Le ministère public affiche sa détermination à préserver l’intégrité physique, psychologique et sociale des mineurs, tout en garantissant l’ordre public et le respect des droits fondamentaux.
Au-delà de la répression, les autorités misent sur une dynamique collective. Citoyens, collectivités locales, organisations de la société civile et médias sont invités à soutenir l’effort national de prévention. L’enjeu est de replacer l’enfant au centre : loin de la rue, de l’exploitation et des travaux périlleux, pour lui rouvrir le chemin de l’école et d’un cadre de vie sécurisé.
Djoumè SACKO,








