La 10ᵉ législature, les partis politiques qui disposent d’au moins un député devraient s’associer à l’actuel chef de file de l’opposition, qui compte quatre députés.
La 10ᵉ législature est une étape décisive dans l’avenir politique de notre pays, la Guinée. C’est pourquoi le choix du perchoir doit être judicieux, dépourvu de toute interprétation ethnique et de tout calcul d’intérêt stratégique.
Demain, 17 juillet 2026, les députés vont siéger à l’hémicycle. Ils sont fiers du chemin parcouru. Ils sont très heureux et impatients des privilèges qu’ils recevront. Parmi ces députés, 98 % sont de la mouvance présidentielle. Au-delà des députés élus de la mouvance présidentielle et de ses partis alliés, la majorité des partis non alliés, à quelques exceptions près, sont également dans l’esprit de la mouvance présidentielle. À ce titre, on peut estimer que, sur l’ensemble des députés, seulement 2 % sont opposés, tandis que 98 % sont alliés. Ces 2 % n’auront pas la voix au chapitre et seront certainement affaiblis par des textes préalablement établis. Si tel serait le cas, l’Assemblée nationale ne servira plus le peuple qu’elle représente, mais plutôt le pouvoir qui a sélectionné ses représentants. À cet état de fait, une question se pose: dans une Assemblée nationale où les idées convergent, peut-on l’appeler une Assemblée nationale ?
Partant de ce constat, en tant qu’activiste et leader politique, je suppose qu’une Assemblée nationale où les idées convergent ne saurait être appelée une Assemblée nationale, mais plutôt une chambre d’enregistrement, qui se contenterait d’approuver les décisions de l’exécutif, sans débat ni contrôle. Si tel serait le cas, il n’y aurait pas d’opposition parlementaire effective. Or, l’absence d’une véritable opposition parlementaire créerait un déséquilibre institutionnel au profit du pouvoir exécutif, puisque le Parlement perdrait une partie de ses fonctions, à savoir légiférer, contrôler l’action gouvernementale et représenter la diversité des opinions. Dans ce cas, le pouvoir serait moins soumis aux critiques, sur les questions liées à l’obligation de rendre des comptes. C’est pourquoi, pour qu’il y ait une véritable Assemblée nationale, il faut que les idées divergent. Il faut que l’exécutif soit critiqué lorsqu’il ne rend pas de comptes. Que ça pète si cela se doit. Que ça crashe si nécessaire. Il faut une véritable divergence d’idées.
Personnellement, pour le choix du perchoir, avec une majorité présidentielle aussi importante, la probabilité de l’opposition d’accéder au perchoir est très faible, tandis que celle de la mouvance présidentielle est très forte. Avec ce constat, il serait bon de choisir le président de l’Assemblée nationale en dehors de toute interprétation ethnique et de tout calcul d’intérêt stratégique. De même, l’opposition parlementaire ne doit pas disparaître au profit des seuls intérêts de l’exécutif.
Je crains que la présence de cette Assemblée ne soit égale à son absence. Je souhaiterais que les partis politiques disposant d’au moins un député s’associent à l’actuel chef de file de l’opposition, qui compte quatre députés. Une telle union donnerait davantage de poids à l’opposition. En revanche, si cette opposition reste en rang dispersé, elle en paiera le prix celui du non-dit.



