La capitale Conakry accueille la 21ème assemblée générale du WAPP (le West Africain Power Pool) avec pour thème : « Consolider le marché régional de l’électricité comme un levier de transformation et de résilience pour l’Afrique de l’Ouest ». C’est le premier ministre guinéen chef du gouvernement, Amadou Oury Bah, qui a présidé cé vendredi 6 novembre 2026, la cérémonie de lancement officiel des travaux de cette session. Un évènement majeur qui se déroule dans un espace hôtelier de la place. La rencontre a connu la présence des partenaires techniques et financiers, des directeurs généraux des sociétés nationales d’électricité des Etats membres, des représentants des institutions de la CEDEAO, des représentants des différentes structures administratives de l’Etat guinéen ainsi que des plusieurs invités. Le but est de réfléchir sur des objectifs communs, en vue de ‘’ fournir aux populations des pays membres une électricité fiable, accessible et durable à moindre coût’’.

Dans son discours de circonstance, le directeur général de la société Electricité de Guinée S.A, Elhadj Gando Barry après avoir souhaité la bienvenue à ses collègues des pays membres en terre guinéenne, rappelé les défis majeurs qui leur attendent au terme des travaux de cette édition.

« Chers collègues, nos entreprises évoluent dans des contextes différents, mais nos préoccupations se rejoignent : sécuriser l’approvisionnement, entretenir les ouvrages, mobiliser les investissements et améliorer la qualité du service. Derrière ces responsabilités, il y a des attentes concrètes : un centre de santé qui doit pouvoir fonctionner, un artisan qui doit pouvoir travailler, une entreprise qui doit pouvoir produire, une famille qui doit pouvoir compter sur l’électricité dans sa vie quotidienne. C’est à cette réalité que nous devons apporter nos décisions. Nos clients attendent de nous des résultats qu’ils peuvent constater concrètement. Mesdames et messieurs, l’intégration énergétique régionale prend tout son sens parce qu’elle nous aide à répondre à ces attentes. Elle nous invite à mieux valoriser la complémentarité de nos ressources, à développer les échanges et à renforcer la solidarité entre nos systèmes électriques, à bénéficier de l’électricité du voisin lorsqu’on a des difficultés, mais aussi à lui venir au secours lorsqu’il a des difficultés » a-t-il rappelé.
Pour lui, relier nos réseaux ne suffit pas. « Il faut aussi rapprocher nos méthodes, partager les informations et respecter nos engagements. C’est dans ce cadre que la qualité de notre coopération dépendra autant des infrastructures, mais aussi et surtout de la confiance entre nos sociétés. Cette assemblée générale nous donne l’occasion de consolider cette confiance et de la traduire en orientations communes. Nous devons faire en sorte que nos discussions débouchent sur des décisions claires, réalistes et surtout suivies d’effets » a-t-il ajouté.

Pour sa part, le Secrétaire Général du WAPP, monsieur Abdoulaye Dia dit être convaincu de l’implication de la République de Guinée au sein de l’organisation. Est que : « La Guinée, en accueillant cette Assemblée générale sur son sol, démontre une fois de plus qu’elle joue un rôle central dans la coopération sous-régionale en matière d’énergie électrique. La Guinée, avec ses ressources hydroélectriques abondantes, se positionne ainsi comme un acteur majeur dans les échanges d’énergie en Afrique de l’Ouest », a-t-il salué.
Etant donné que cette assemblée générale se tient au moment où les sociétés d’électricité publiques font face à des attentes croissantes en matière de qualité de service, de continuité de service, de sécurité d’approvisionnement, de compétitivité et d’accès à l’électricité tout court. Il affirme que le WAPP a une responsabilité particulière, celle de « faire de l’interconnexion des réseaux une coopération opérationnelle, une réalité durable, structurée et crédible, afin que l’électricité devienne un véritable levier de transformation économique et sociale à l’échelle régionale au bénéfice de nos populations » a-t-il souligné. Est que le bon fonctionnement de ce marché repose essentiellement sur des sociétés publiques viables qui doivent investir en permanence dans les infrastructures de production, de transport et de distribution d’électricité pour faire face à la demande sans cesse croissante. C’est pour cette raison, qu’il a lancé un appel pressant aux autorités guinéennes, pour qu’elles apportent : « tout le soutien à Électricité de Guinée en lui donnant les moyens par un tarif juste afin qu’elle soit un champion national capable de relever les défis et être ce poumon électrique de l’Afrique de l’Ouest », a-t-il plaidé.

Quant au Président du Conseil Exécutif du WAPP, Dr Sule Ahmed Abdulaziz il a rappelé aux membres que c’est au cours des assemblées générales, que les priorités sont fixées, que les orientations stratégiques sont adoptées et que les engagements sont pris. Selon lui, : « pendant deux décennies, nous avons posé les fondations, ce qui signifie que nous avons construit des lignes de transport, établi des règles communes et des institutions fortes. Nous devons maintenant traduire ces fondations en un marché régional de l’électricité pleinement opérationnel en pratique. Le lancement de la seconde phase prévu pour début 2027 marquera le début de la concurrence sur le marché de la veille. Il ne s’agit pas seulement d’un développement technique, il représente une étape fondamentale en avant. Le prix de l’électricité échangée entre nos pays sera déterminé par l’interaction de l’offre et de la demande dans un cadre organisationnel transparent et non discriminatoire » a-t-il indiqué.

Le ministre guinéen de l’Énergie, Laye Sékou Camara a de son côté rassuré les représentants des pays membres du WAPP de l’importance qu’accorde la Guinée à cette organisation, d’où la présence du premier ministre, chef du gouvernement, Amadou Oury Bah à cette rencontre. Cela est une preuve concrète que la Guinée a fait le choix de l’intégration énergétique une priorité. Car : « l’énergie est au cœur du projet de transformation de la Guinée et elle en tire déjà les bénéfices à travers les interconnexions qui relient notre pays à ses voisins. Elle entend poursuivre dans cette voie parce que l’énergie ne connaît pas de frontières lorsqu’il s’agit de sécuriser l’approvisionnement et de reconduire les coûts. Aussi, la mise en valeur de nos ressources minérales, le développement industriel, la création d’emplois et l’amélioration des conditions de vie de nos populations reposent sur une électricité abondante, fiable et compétitive. C’est pourquoi nous investissons dans notre potentiel hydroélectrique estimé à plus de 6 000 mégawatts… Pendant l’indépendance, la Guinée a joué son rôle pour amener l’Afrique de l’Ouest à l’indépendance. Et aujourd’hui, nous allons jouer notre rôle pour amener l’Afrique de l’Ouest à l’indépendance énergétique » a-t-il promis.

En présidant la cérémonie d’ouverture des travaux, le premier ministre Amadou Oury Bah, a rassuré les participants de l’engagement des autorités guinéennes à leur tête le Président Mamadi Doumbouya à continuer son appui à cette coopération. D’où selon lui : « La tenue de la 21ème Assemblée générale ordinaire du système d’échange d’énergie électrique ouest africain dans notre pays. Cela témoigne de la confiance accordée à la République de Guinée et à l’électricité de Guinée. Pour nous, cette rencontre constitue une occasion privilégiée de renforcer la coopération et de donner une nouvelle impulsion à l’intégration énergétique dans la sous-région. L’énergie est au développement des nations, ce que les fondations sont à l’édifice. Elle conditionne notre capacité à produire, à transformer nos économies, à créer des emplois et à améliorer durablement les conditions de vie de nos populations. Elle est un enjeu de souveraineté, de compétitivité, de progrès social et même de stabilité des Etats. Aucune nation ne peut prétendre réussir son industrialisation, développer durablement son tissu économique et améliorer la qualité de vie de ses populations sans disposer d’un système énergétique fiable, accessible et performant. Donc, Notre responsabilité collective est de faire de l’électricité un levier de transformation économique, de création de richesse et d’amélioration du bien-être des populations. Faisons de l’énergie un vecteur d’intégration et d’émergence régionale » a-t-il indiqué.
Pour rappel, le WAPP est une institution spécialisée de la CEDEAO qui a en charge l’intégration sous-régionale en matière d’électricité. Elle réalise les études et elle consacre les ouvrages entre les pays de la sous-région en vue d’établir un marché de l’électricité. Après avoir réalisé l’interconnexion des 15 pays de l’Afrique de l’Ouest, de la Mauritanie jusqu’au Nigéria, le WAPP a réussi, le 8 novembre 2025 dernier, à synchroniser tous ses réseaux, c’est-à-dire à les faire fonctionner ensemble.
Oumar M’Böh


