Conakry –En Guinée, gagner les élections communales ne donne pas les clés de la mairie. La Directrice générale des élections, Djénabou Touré, tient à le rappeler avant que la liesse ne dérape : le titre de maire ne tombe pas avec les résultats du vote populaire.
Elle n’y va pas par quatre chemins. Sortir dans la rue pour crier « j’ai gagné, je suis le maire » après un bon score de liste, c’est une erreur. « Tu es tête de liste, tu n’es pas encore le maire d’une commune », tranche-t-elle.
Le vote qui compte n’est pas celui que tout le monde voit
Le nombre de conseillers par commune oscille entre 17 et 45, selon la population. C’est ce petit cercle qui tranche lors de la session d’installation. À ce moment, les élus procèdent à l’élection du maire. Djénabou Touré parle d’un « deuxième tour », mais en vase clos.
Si un seul nom se présente, la voie est libre. Si plusieurs candidats émergent parmi les conseillers, un vote s’organise. Et la tête de liste arrivée première le jour du scrutin peut se retrouver écartée.
La DGE ne cache pas pourquoi elle insiste. En 2018, des confusions et des proclamations hâtives ont tourné au drame, avec des morts d’hommes. D’où son appel à la prudence.
Rien n’est joué tant que les conseillers n’ont pas voté
Le fauteuil de maire dépend donc des 17 à 45 élus de la commune. S’ils votent à l’unanimité pour un candidat, tant mieux pour lui. Sinon, il faudra convaincre. En attendant, Djénabou Touré demande aux candidats de garder leurs banderoles dans les voitures.
Djoumè SACKO, www.lavoixdupeuple.com








