Dans la commune de Lambanyi, le quartier de Nongo Tady se lézarde. Murs des maisons, chaussées, clôtures, et même le bâtiment principal du Centre Technique Cherif Souleymane portent les stigmates d’un phénomène de fissuration qui ne cesse de s’aggraver. Alertées par les habitants, les autorités ont dépêché une mission technique du Ministère des Mines et de la Géologie. Son verdict tombe : la situation est grave, les risques pour les personnes et les infrastructures sont avérés.
Sur le terrain, les dégâts sont visibles et évolutifs. Le rapport dresse un inventaire sans concession : fissures sur les murs d’habitation, sur le sol et les clôtures, lézardes ouvertes accompagnées d’affaissements par endroits, et route endommagée entre la résidence Kinsi et le reste du quartier. Les experts décrivent des fentes multidirectionnelles, aux ouvertures variables, allant jusqu’à 8 cm. Le phénomène progresse.
Autre indice pointé : la prolifération des forages d’eau dans la zone.
Les spécialistes établissent un lien direct entre l’instabilité du sol et l’exploitation intensive des nappes souterraines. Ils ont recensé dix-sept forages sur un périmètre d’environ 72 000 m², dont deux appartenant à la SEG. C’est surtout l’usage intensif du forage industriel qui est mis en cause. Selon le rapport, le pompage excessif a créé un vide qui tend à se combler, déclenchant les fissurations.
Face à ce constat, la mission réclame des mesures immédiates et coordonnées pour éviter une catastrophe. Elle préconise de sensibiliser les populations aux dangers des fissurations, de lancer en urgence des études géotechniques, hydrogéologiques et géophysiques approfondies, et d’encadrer strictement l’utilisation des forages. Elle va plus loin en suggérant d’interdire temporairement leur exploitation, particulièrement en période d’étiage.
Le rapport demande aussi la mise en place d’un système de surveillance continue des fissures, un approvisionnement alternatif en eau potable via la SEG, et une implication accrue des autorités locales dans la gestion de la crise.
À Nongo Tady, l’évolution des fissures est désormais suivie de près. Les habitants, eux, vivent dans la crainte d’un effondrement. La mission l’affirme : sans action urgente, le risque est réel.
Djoumè SACKO,








