La question de l’orpaillage artisanal illégal cristallise actuellement les débats en Guinée et au-delà de nos frontières. Cette situation fait suite à la décision du gouvernement guinéen de mettre de l’ordre dans ce secteur, avec pour objectif, de limiter les dégâts environnementaux, voire humains, dans certaines zones minières du pays.
De cette initiative régalienne de l’État, émerge une autre réalité tout aussi préoccupante qu’embarrassante. Il s’agit notamment de cet impressionnant mouvement de départs d’étrangers, en particulier de nos frères burkinabè, des zones minières de la Haute-Guinée.
Il aura fallu cette décision des autorités pour mesurer l’ampleur du phénomène à travers cette véritable marée humaine qui quitte des zones minières où l’orpaillage clandestin avait fini de ravager tout sur son passage.
Au delà de toutes les agitations et autres propagandes de dramatisation sur les médias et réseaux sociaux, la question légitime qu’il convient de se poser est celle de savoir pourquoi des milliers de jeunes ont-ils tout abandonné pour se lancer dans cette quête hypothétique de l’or, dans des conditions périlleuses, au risque de leur vie et loin de leurs proches ?
Aujourd’hui, la la décision souveraine des autorités guinéennes fait l’objet d’interprétations incendiaires de la part de certains blogueurs en quête de visibilité et de revenus générés par leurs pages monétisées.
Nous pensons que le problème est beaucoup plus profond que ces gesticulations de légèreté. Ce dossier doit interpeller l’ensemble de la classe dirigeante de notre sous-région. Ne fût-ce que pour des questions de sécurité. Car au delà du massacre porté à l’environnement, ces regroupements hétéroclites de centaines de milliers de personnes dans nos hameaux et villages portent en eux tous les risques inimaginables de déstabilisation de nos États.
Beaucoup d’analystes portent généralement le regard vers le désastre écologique. En Côte d’Ivoire voisine par exemple, certaines forêts sont littéralement éventrées par l’orpaillage clandestin. Malgré les dispositifs sécuritaires déployés, le phénomène persiste encore.
Là aussi, des ressortissants de pays voisins sont régulièrement cités parmi les acteurs de cette activité. Mais la menace doit être perçue également sous l’angle de la sécurité intérieure. Et pour y parer, nous devons nous poser des questions essentielles.
Que faisons-nous pour occuper nos jeunes ? Que faisons-nous pour répondre aux aspirations légitimes de nos populations ?
À Ouagadougou aujourd’hui, au-delà de l’émotion suscitée par cette affaire, la véritable question devrait être, où allons-nous accueillir tous ces jeunes ? Quelles alternatives leur proposer pour leur permettre de rester dans leur pays et d’y construire leur avenir ?
À la place des tintamarres populistes, il est grand temps de réfléchir à des politiques publiques plus efficaces et plus cohérentes. Des solutions capables de générer une croissance réelle, de réduire les inégalités et de lutter durablement contre la pauvreté dans nos États.
Certes, nous sommes des pays qui partageons pratiquement tout. Mais il est de notre devoir, en tant qu’États souverains, de repenser nos modes de gouvernance.
Nous pensons que l’autre volet de la révolution consiste à avoir le courage d’engager des réformes structurelles, systématiques et audacieuses.
Dieu merci, en Guinée, le président Mamadi DOUMBOUYA a pris les devants. Simandou 2040 est devenu un label qui suscite l’intérêt à l’échelle internationale, avec des perspectives et des retombées bénéfiques déjà perceptibles dans le pays.
À cela s’ajoute sa fermeté dans la lutte contre les prédateurs de l’économie nationale.
Par ailleurs, la Guinée a fait le choix du multilatéralisme. Le Président Mamadi DOUMBOUYA est clair dans sa position. Nous traitons avec tout le monde, dans le strict respect de notre souveraineté.
Loin d’une diplomatie de confrontation, le pays ouvre ses portes à tous, au nom de l’intérêt supérieur de la Nation.
De Ouagadougou à Niamey, en passant par Bamako et Conakry, nous restons des frères, animés par une seule volonté. Celle de voir nos États se développer pour le plus grand bonheur de nos populations.
Alors, agissons avec discernement et responsabilité !
Boubacar Koyla DIALLO



