La Haute Autorité de la Communication a pris une décision forte qui marque l’actualité médiatique en Guinée. Dans un contexte préélectoral déjà sensible, elle a décidé de suspendre pour trois mois une émission phare de la chaîne privée Télé 24 ainsi que deux de ses journalistes.
Selon les éléments contenus dans la décision, les faits reprochés remontent à deux moments récents. D’abord la diffusion d’un reportage d’origine amateur montrant des activités de propagande en faveur d’un candidat. La chaîne avait reconnu son erreur et présenté des excuses tout en promettant de ne plus répéter ce type de manquement.
Mais quelques jours plus tard, dans l’émission Guinée Today, deux journalistes se sont à nouveau retrouvés au centre de la controverse. Ils sont accusés d’avoir tenu des propos assimilés à de la propagande électorale en faveur d’un candidat dans une commune rurale de Tougué. Une situation jugée grave car survenue avant même l’ouverture officielle de la campagne.
À noter que ces deux journalistes sont d’anciens chroniqueurs de l’émission Mirador diffusée sur FIM, Fréquence Info Médias, un organe qui avait été fermé dans le contexte de la vaste opération de fermeture de plusieurs médias en Guinée durant la transition.
Pour la HAC, il ne s’agit pas d’un simple dérapage mais bien d’une récidive. L’institution estime que cette attitude rompt l’égalité entre les candidats et viole clairement les règles encadrant le traitement de l’information en période électorale.
La sanction est donc tombée, l’émission Guinée Today est suspendue pour une durée de trois mois. Les deux journalistes concernés subissent la même mesure. La décision prend effet immédiatement et sera publiée au Journal Officiel.
Au-delà de la sanction, cette affaire relance le débat sur la responsabilité des médias en période électorale. Elle rappelle que la liberté de la presse s’accompagne d’exigences strictes surtout lorsque l’équilibre démocratique est en jeu.
Dans un climat où chaque parole peut influencer l’opinion, la vigilance reste plus que jamais de mise. Cette décision servira-t-elle d’exemple pour l’ensemble des médias du pays.
Djoumè Sacko










