Suspendus vendredi dernier, ils ne reviendront pas. Dans le journal de 20 heures de ce Mardi, un décret lu à la télévision nationale a acté la radiation pure et simple des 22 autorités administratives de Siguiri. Une décision d’une brutalité rare qui décapite toute la chaîne de commandement de la principale région aurifère du pays.
Le doute n’est plus permis. Conakry ne veut plus suspendre, elle veut couper. Quatre jours après la décision de la ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Djenabou Touré, qui mettait à pied 22 responsables, le pouvoir de transition est passé à la vitesse supérieure. Ce soir, le décret de radiation a été lu à la RTG.
La liste est identique, sans aucun changement. Elle commence par le haut. Le Colonel Fayimba Mara, qui cumulait les fonctions de préfet de Siguiri et de gouverneur par intérim de la région, est radié. Avec lui, tombent ses quatre préfets par intérim : la sous-lieutenante Mariam 2 Camara pour Doko, Aliou Camara pour Dialakoro, le capitaine Mohamed Lamine Koïta pour Kintinian et le capitaine Sory Kamara pour Siguirini.
Derrière eux, c’est toute la base qui s’effondre. Les 17 sous-préfets qui avaient été suspendus le 30 octobre sont également concernés par la mesure de radiation. Les sous-préfectures de Bankon, Naboun, Didi, Kourémalé, Fidako, Diomabana, Niandankoro, Maléah, Kiniébakoro, Koumandianbougou, Mignada, Niagassola, Tomboni, Norassoba, Franwalia, Tomba Kansa et Noukounkan se retrouvent sans commandement.
Le timing n’a rien d’un hasard. Le 29 octobre, le Colonel Mara signait lui-même l’arrêt de tout orpaillage artisanal dans la préfecture. Le 30 octobre, il était suspendu. Le 2 novembre, cinq ministères annonçaient conjointement l’interdiction totale de l’exploitation anarchique de l’or dans les lits des cours d’eau et les terres agricoles. Ce 3 novembre, la radiation tombe. Conakry envoie un message clair : la gestion de Siguiri, gangrenée par la ruée vers l’or et ses cortèges de dégradations, ne sera plus tolérée.
Pour l’heure, les affaires courantes restent assurées par les secrétaires généraux. Mais sur le terrain, le vide est immense. Du jamais vu depuis le début de la transition.
Par Djoumè SACKO, correspondant régional à Kankan


