Au Sénégal, les députés de l’Assemblée nationale sont réunis en séance plénière ce mardi 27 octobre 2026. Un seul point est inscrit à l’ordre du jour : l’examen du projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’exercice 2026. Cette séance intervient dans un contexte politique tendu, après le rejet du texte, vendredi dernier, par la commission des Finances de l’Assemblée nationale.

Les députés du parti Pastef, qui détient 130 des 165 sièges de l’institution parlementaire, justifient cette position par l’insuffisance des garanties apportées au Parlement. Ils dénoncent notamment des réductions de crédits affectant plusieurs investissements publics, en particulier dans les secteurs de l’eau, de l’éducation, de la santé et de la lutte contre les inondations.
De son côté, le Premier ministre continue de tendre la main à ce groupe parlementaire afin d’obtenir l’adoption du budget. Une adoption jugée nécessaire par le gouvernement pour honorer ses dettes envers les entreprises et avancer dans les négociations autour d’un programme avec le Fonds monétaire international (FMI).
À noter que ce projet de loi de finances rectificative prévoit notamment une baisse des recettes de 340 milliards de francs CFA, soit environ 534 millions d’euros. Autre conséquence du choc pétrolier : les subventions à l’énergie passent de 250 à 790 milliards de francs CFA, soit respectivement 381 millions et 1,2 milliard d’euros.
Pour faire face à ces dépenses, le gouvernement prévoit de réduire les investissements de 555 milliards de francs CFA, soit environ 846 millions d’euros, et de consacrer 300 milliards de francs CFA, soit près de 457 millions d’euros, au remboursement d’une partie de ses dettes envers les entreprises.
Le Pastef, parti dirigé par Ousmane Sonko, s’oppose à ces coupes budgétaires, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Il exige également un encadrement légal des fonds spéciaux.
Selon le président de l’assemblée nationale Ousmane Sonko: « Aucune menace ne va prospérer. Cette loi sera votée ou rejetée sans pression », a-t-il affirmé dès l’ouverture des débats.
Par cette mise en garde, le chef du Parlement entend affirmer l’indépendance de l’institution face aux pressions qui entourent l’examen du texte. Il a ainsi laissé entendre que le sort de la LFR dépendrait uniquement de la décision souveraine des députés, sans interférence extérieure.
M’Böh Oumar



