Le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Ibrahima Kalil Condé, a signé le 22 juin 2026 une décision portant nomination de sous-préfets par intérim dans la région administrative de Kankan. Au total, ce sont plusieurs dizaines d’officiers, sous-officiers et cadres civils qui se voient confier la gestion de sous-préfectures réparties sur quatre préfectures : Kankan, Kouroussa, Manadiana et Kérouane.
La décision couvre l’ensemble de la région de Kankan et touche 48 sous-préfectures. Elle illustre la pratique désormais courante en Guinée d’affecter des militaires et des fonctionnaires de l’administration civile en alternance à la tête des collectivités locales.
Dans la préfecture de Kankan, 14 sous-préfectures changent de responsable. Parmi les nominations notables : Mountaga Camara, administrateur civil, prend les rênes de Balandou ; Ahmed Billy Nankouman Keita, sous-lieutenant, est affecté à Bate-Nafadji ; Sidiki Kourouma hérite de Mamouroudou ; et Moussa Camara est nommé à Fodecariah-Balimana. À Djelibakoro, c’est François Yaradouno qui est désigné, avec le matricule 248848 S.
La préfecture de Kouroussa compte quant à elle 14 nominations. Des profils variés y sont représentés : Mamadou Oury Tounkara à Babila, Alseny Mady Camara à Balato, ou encore le colonel Mamadou Lamarana Diallo, de la gendarmerie nationale, nommé à Koumana. Le lieutenant-colonel Adama Mara prend en charge Kouroukoro.
Dans la préfecture de Kérouane, 7 sous-préfectures sont pourvues. Le colonel Ibrahima Sory Keita est affecté à Banankoro, tandis que Geneviève Guilavogui — rare présence féminine dans cette liste — est nommée à Soromaya.
Civils et militaires côte à côte
Ce qui frappe à la lecture de cette décision, c’est la cohabitation assumée entre profils civils et militaires. Administrateurs civils, capitaines de la police nationale, lieutenants et colonels de l’armée ou de la gendarmerie se partagent les affectations sans hiérarchie apparente de prestige entre les postes. Une réalité qui traduit la configuration hybride de l’administration territoriale guinéenne depuis plusieurs années.
Prise d’effet immédiate, conformément à l’article 3 de la décision, les nominations prennent effet à compter de la date de signature, soit le 22 juin 2026. Les dépenses y afférentes sont imputables au budget du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, exercice 2026. La décision sera enregistrée et publiée partout où besoin sera, selon les termes officiels du document.
Djoumè SACKO pour www.lavoixdupeuple.info


