La direction générale du Port Autonome de Conakry (PAC) et ses partenaires concessionnaires ont fait front commun face aux médias ce mercredi 24 juin 2026. L’objectif : expliciter la 399e place occupée par la Guinée au dernier classement mondial de performance portuaire, et dévoiler un plan de riposte d’envergure porté par l’extension massive des infrastructures.
C’est un exercice de transparence et de cadrage auquel s’est prêtée la communauté portuaire de Conakry. Suite à la publication de l’Indice de Performance des Ports à Conteneurs (CPPI 2025) par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence, qui relègue Conakry au 399e rang sur 400 mondiaux, la direction générale du PAC et le groupe AGL (Africa Global Logistics) ont tenu à replacer ce résultat dans son contexte réel. Loin d’un constat d’échec, ce score traduit surtout la crise de croissance d’un hub maritime en pleine mutation.

Prenant la parole, le Directeur Général du PAC, Aly Koïta, a expliqué avec pragmatisme les raisons de ce recul brutal. Selon lui, le port subit de plein fouet le contrecoup d’un boom économique national sans précédent. « L’État a anticipé cette hausse. Le volume du trafic explose, porté notamment par la dynamique du projet Simandou. Le port avait besoin de grandir, mais l’État n’ayant pas les ressources immédiates, il a opté pour un partenariat public-privé (PPP). Le privé apporte les moyens matériels, financiers et l’expertise pour que nous ne soyons pas rattrapés par le temps », a clarifié Aly Koïta.
De son côté, Emmanuel Masson, Directeur Général de Conakry Terminal (filiale d’AGL), a apporté des précisions techniques majeures. L’attractivité de la plateforme ne faiblit pas : le nombre de lignes maritimes régulières est passé de trois en 2023 à six aujourd’hui. Une attractivité qui sature temporairement les capacités existantes. (2023 :300 000 conteneurs traités ; 2025 :400 000 conteneurs traités ; 2026 (Prévisions) : Plus de 500 000 conteneurs attendus).
Pour soutenir ce rythme effréné, Conakry Terminal a déjà injecté près de 250 millions d’euros dans la modernisation des infrastructures, l’achat d’équipements de pointe et le développement du port sec de Kagbélén.
Pour briser le goulet d’étranglement, un ambitieux programme d’extension est en cours afin de doubler la capacité du terminal. Sur le terrain, les engins s’activent pour grignoter l’océan.
Le Directeur des infrastructures de Conakry Terminal résume l’ampleur des travaux : « Après une première phase entre 2012 et 2015, nous avons lancé ces nouveaux grands travaux. Il s’agit de bâtir un nouveau quai de 300 mètres de long et de gagner 18 hectares de terre-pleins directement sur la mer grâce à des remblais de sable. »
Décembre 2026 : Première remise partielle des zones de stockage (terre-pleins).
Début 2028 : Livraison finale et mise en service complète du nouveau quai.
Avec ce plan de riposte, la communauté portuaire de Conakry ne compte pas seulement remonter dans les classements internationaux, mais elle compte s’imposer comme le poumon logistique incontournable de l’Afrique de l’Ouest.
Abou Camara pour www.lavoixdupeuple.info



