Dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour l’exercice 2026, les députés de la 10ᵉ législature poursuivent les auditions des départements ministériels devant les commissions permanentes de l’Assemblée nationale. Ce mardi, le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, ainsi que le Secrétaire général du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, ont présenté la situation budgétaire de leurs départements respectifs.
Ces travaux s’inscrivent dans la mission de contrôle de l’action gouvernementale dévolue à l’Assemblée nationale. Ils permettent aux parlementaires d’examiner l’utilisation des crédits publics, d’apprécier les ajustements budgétaires proposés et d’interroger les responsables ministériels sur les difficultés rencontrées dans l’exécution de leurs programmes.
Culture, Tourisme et Artisanat : une hausse des prévisions budgétaires
Les travaux ont débuté par l’examen de la situation budgétaire du ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat.
Selon les données présentées, l’enveloppe budgétaire du département devrait passer de plus de 350 milliards à plus de 375 milliards de francs guinéens, soit une augmentation destinée notamment à accompagner l’achèvement de plusieurs projets de construction engagés par le ministère.
Cette évolution traduit les besoins de financement du département pour poursuivre ses investissements et soutenir les activités relevant de ses différents secteurs d’intervention.
À l’issue de la présentation du ministre, les membres de la Commission Commerce, Hôtellerie, Tourisme et Artisanat ont soulevé plusieurs préoccupations relatives à la mobilisation des ressources propres du département.
Les échanges ont notamment porté sur les recettes issues des activités hôtelières, celles du Bureau guinéen du droit d’auteur, ainsi que sur les difficultés liées au faible taux de décaissement des crédits budgétaires.
Les députés ont insisté sur la nécessité d’améliorer l’exécution des dépenses publiques afin de permettre la réalisation effective des projets et d’assurer une meilleure valorisation des potentialités culturelles, touristiques et artisanales du pays.
Communication et Économie numérique : une réduction des crédits budgétaires
Les parlementaires ont également examiné la situation financière du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation.
Contrairement au département de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, ce ministère enregistre une réduction budgétaire de plus de 137 milliards de francs guinéens, par rapport à une allocation initiale de 883 186 146 289 francs guinéens.
Cette diminution soulève des interrogations quant à ses éventuelles conséquences sur la mise en œuvre des projets et programmes prioritaires du département.
Face aux parlementaires, le Secrétaire général du ministère a présenté les éléments relatifs à la situation budgétaire et aux ajustements envisagés dans le cadre du projet de loi de finances rectificative 2026.
Les échanges ont permis aux députés d’examiner les contraintes financières auxquelles le département est confronté, ainsi que les enjeux liés à la poursuite de ses missions dans les domaines de la communication, du numérique et de l’innovation.
Une exigence commune : améliorer l’exécution des budgets publics
Au-delà des différences constatées dans l’évolution des enveloppes budgétaires, les travaux en commissions ont mis en évidence un enjeu commun aux deux départements : la nécessité de renforcer l’efficacité de l’exécution budgétaire.
Les parlementaires ont notamment insisté sur l’importance d’une meilleure mobilisation des recettes, d’une utilisation rigoureuse des crédits disponibles et d’un suivi renforcé des projets financés par l’État.
Ces auditions constituent également une occasion d’identifier les difficultés susceptibles de freiner l’exécution des programmes ministériels et d’envisager des mesures correctives adaptées.
Les commissions parlementaires concernées entendent ainsi poursuivre leurs analyses et formuler des recommandations visant à améliorer la capacité d’absorption des crédits et à renforcer la performance des départements auditionnés.
À travers cet exercice, l’Assemblée nationale réaffirme son engagement en faveur d’une gestion transparente, responsable et efficace des finances publiques, afin de garantir que les ressources mobilisées contribuent concrètement au développement des secteurs de la culture, du tourisme, de l’artisanat, de la communication et de l’économie numérique.
Compte rendu : Siré Kadiatou Sano



