Le Barreau de Guinée a perdu ce matin un de ses doyens, Me Goureïssy Sow, par ailleurs ancien conseiller national (2010-2013), ancien Agent judiciaire de l’État et ancien Commissaire du Gouvernement à la Cour des Comptes.
Avant qu’il n’ait été physiquement éloigné des prétoires à cause de ses fonctions administratives et, par la suite, pour des raisons de santé, il avait exercé pendant de longues années sa profession, étant l’un des premiers avocats inscrits au Tableau de l’Ordre des Avocats de Guinée. Il était un membre éminent de la communauté judiciaire.
À l’écoute de tout le monde et médiateur dans l’ombre, il a contribué à éteindre de nombreux « petits conflits » entre professionnels de la justice.
Maître Goureïssy Sow a pris sous son aile ou porté sur ses épaules de très nombreux postulants et avocats stagiaires, prodiguant des conseils aux uns et soutenant financièrement les autres dès qu’il se rendait compte que ces derniers avaient des soucis d’argent. Le tout, dans la plus totale discrétion. Parfois, il nous « obligeait » aimablement, nous, ses jeunes frères comme il nous appelait, à nous rendre à son cabinet sis au Boulevard Diallo Telli, pour saluer le grand-frère qu’il était pour nous. « Jeune frère, tu ne viens plus au cabinet. Que se passe-t-il ? Si tu ne viens pas, je vais te corriger » disait-il souvent. C’était le prétexte pour nous confier des dossiers qui pouvaient nous apporter un peu d’argent ou pour nous remettre de petites « enveloppes » qui représentaient beaucoup à l’époque pour des postulants ou des débutants dans la profession d’avocat.
Son cabinet était ouvert à tout le monde, sans distinction de condition sociale. Surtout les vendredis après la grande prière. Chacun avait un petit « quelque chose » pour pouvoir passer le week-end.
C’est un grand-frère bienveillant et protecteur, un conseiller avisé, un être profondément humain et d’une humilité exceptionnelle, qui nous quitte sans que nous n’ayions pu lui rendre le tiers de ce qu’il nous donné.
Repose en paix Grand-frère, l’enfant de Dinguiraye.
Merci pour tout Kötö.
Par Maître Mohamed Traoré Avocat



