Les autorités guinéennes ont interdit la production et la commercialisation des plastiques à usage unique sur l’ensemble du territoire national. Cette mesure est entrée en vigueur le 20 septembre dernier. Le 28 septembre 2026, soit 8 jours après, plus d’une cinquantaine de travailleurs de l’usine d’eau Coyah (CEG) sont mis en ‘’chômage économique’’ par leur direction. La note de service interne a été annoncée aux employés par la Direction générale des Ressources Humaines des sociétés CEG (Compagnie des Eaux de Guinée), SAPRI et SOGECILE.
Selon cette direction : « Suite à la décision de l’État portant sur l’interdiction des sachets en plastique, notre entreprise fait face à un arrêt forcé de l’activité liée à cette gamme de produits. Cette interdiction réglementaire impacte directement notre volume de production et nous oblige à réorganiser urgemment nos activités pour préserver la pérennité de l’entreprise », précise le communiqué interne.
La direction assure avoir mené un « travail complet de reclassement interne » pour tenter de sauver les emplois en réaffectant les salariés vers les lignes de production maintenues. Cependant, ces efforts n’ont pas suffi. Est que : « Malgré ces efforts d’optimisation et de reclassement, il n’a pas été possible d’absorber l’ensemble des effectifs sur les activités restantes », regrette la direction. En conséquence, les salariés concernés sont placés en chômage économique pour une durée initiale de trois (3) mois, à compter de ce jeudi 1er octobre 2026.
Durant cette période, les contrats de travail de ces employés seront suspendus conformément aux dispositions légales, les plongeant dans une incertitude totale quant à leur avenir professionnel.
Si l’initiative du gouvernement vise à assainir l’environnement et à débarrasser la capitale de ses tonnes de déchets, ce premier coup dur relance le débat sur la nécessité de mettre en place des mesures d’accompagnement. Sans un soutien de l’État pour aider ces industries à se réinventer, de nombreux autres emplois pourraient être menacés dans les jours à venir.

Remplacer les sachets d’eau par des bouteilles est une option tout à fait réalisable. Pour réussir cette transition, consommateurs et vendeurs doivent accompagner la décision des autorités. Il s’agit avant tout d’une question d’adaptation, de responsabilité et d’intérêt collectif.
Tout changement implique des ajustements et parfois des sacrifices. Comme le dit l’adage, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Bien entendu, des mesures d’accompagnement sont nécessaires pour faciliter cette évolution, mais elles doivent aller de pair avec un véritable changement de comportement.
Gouverner, c’est savoir anticiper les défis, prendre des décisions parfois difficiles, les assumer avec responsabilité et agir dans l’intérêt général. Lorsque le bien-être des populations est en jeu, l’intérêt collectif doit primer.
Oumar M’Böh



