C’est une première historique qui s’est jouée ce dimanche à Conakry. Le chef de l’État a inauguré à Gbessia la Nimba Gold Refinery, la première raffinerie d’or jamais construite sur le sol guinéen. Une infrastructure qui entend mettre fin à des décennies d’exportation de métal brut.
Conakry n’avait jamais vu ça. Ce dimanche 1er novembre 2026, c’est à Cité de l’Air, dans la commune de Gbessia, que le président de la République, Mamadi Doumbouya, a présidé la mise en service de la Nimba Gold Refinery.
Présentée comme la première du genre dans le pays, et même comme la plus grande d’Afrique par ses promoteurs, l’usine change la donne pour un pays qui, malgré son statut de producteur majeur, n’avait jamais transformé son propre or.
Jusqu’à présent, tout partait à l’état brut. Selon les chiffres disponibles, la Guinée a exporté 72 tonnes d’or en 2024, puis 70 tonnes en 2025, avec déjà plus de 40 tonnes au premier semestre 2026. Un or ensuite raffiné à l’étranger. Une réalité que les autorités veulent désormais clore.
Le cap avait été fixé le 19 juin dernier. Réunissant à Conakry les opérateurs industriels, semi-industriels, artisanaux et les comptoirs d’achat, le chef de l’État avait alors martelé qu’aucun or brut ne sortirait plus du territoire sans transformation locale.
Sur le plan technique, la raffinerie affiche une capacité de 2 000 kilogrammes par jour, extensible à 4 000 kilogrammes en marche continue sur 24 heures, pour une production annuelle annoncée de 730 tonnes. L’objectif est d’atteindre une pureté de 99,99%, conforme aux standards internationaux.
Pour sécuriser l’approvisionnement, le gouvernement s’appuie sur un nouvel outil, la plateforme PINTO, la Plateforme Intégrée Nationale de Traçabilité de l’Or. Le dispositif est censé assurer le suivi du métal depuis les sites d’extraction artisanale jusqu’à la raffinerie.
L’ensemble du projet est adossé au programme Simandou 2040, la vision de développement portée par la présidence pour faire de la Guinée une puissance industrielle basée sur la valorisation de ses ressources naturelles.
Un mini-stade a par ailleurs été aménagé à proximité du site, à l’intention des jeunes de Cité de l’Air.
Par Djoumè SACKO, correspondant régional à Kankan.



