L’administration guinéenne change de visage. Le 9 juin 2026, le président Mamadi Doumbouya a signé le décret instituant l’École Nationale d’Administration, nouvelle pierre angulaire de la refondation de la fonction publique. L’ENA remplace l’ancien Institut National de Formation et de Perfectionnement et monte en puissance alors même que le recrutement de sa première promotion est déjà bien avancé.
Basée à Dubréka, l’école est érigée en établissement public à caractère administratif. Elle dispose de la personnalité juridique et de l’autonomie sur les plans administratif, financier et académique. Son siège pourra être déplacé ailleurs sur décision de son Conseil d’administration.
Le mandat est large. Le texte assigne à l’ENA la formation initiale et continue des agents publics, mais aussi celle d’agents du secteur privé selon les besoins exprimés. L’école devra en outre fournir une assistance conseil aux administrations centrales, aux collectivités locales et aux établissements publics, mener des travaux de recherche appliquée en administration publique et certifier les formateurs. Elle est aussi chargée d’accueillir des auditeurs étrangers dans le cadre d’accords spécifiques, signe d’une ambition de rayonnement au-delà des frontières.
La gouvernance repose sur deux piliers : un Conseil d’administration et une Direction générale. Pour éviter toute dérive, l’ENA est placée sous double tutelle : technique pour le ministre de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction Publique, financière pour le ministre des Finances.
Le décret ferme la parenthèse INFp sans rupture. L’ensemble du personnel en poste à l’Institut intègre l’ENA. Idem pour les élèves, compétiteurs, stagiaires et bénéficiaires de formation dont le parcours a débuté à l’INFp : ils poursuivent leur cursus sous le nouveau label. Désormais, tous les diplômes et attestations porteront la mention École Nationale d’Administration.
Dernier point d’appui : le ministre Faya François Bourouno fixera prochainement par arrêté les conditions d’intégration du personnel des centres et instituts dont les décrets de création ont été abrogés. L’acte signé par le chef de l’État officialise ainsi une mutation déjà engagée sur le terrain.
Djoumè SACKO, lvp








