Conakry, 23 mai 2026 – À une semaine du triple scrutin législatif et communal, la Direction générale des élections ne laisse rien au hasard. Samedi, dans les amphithéâtres de l’Université Gamal Abdel Nasser, l’institution a réuni ses formateurs seniors pour une mission précise : verrouiller la chaîne de traitement des procès-verbaux et tenir la promesse des 48 heures.
C’est dans ce cadre que la DGE a lancé un atelier de deux jours dédié aux formateurs des Commissions de Réception et de Transmission des Procès-Verbaux, les CRTPV. Objectif affiché : former ceux qui formeront à leur tour les agents chargés de recevoir, trier, numériser et centraliser les PV issus des bureaux de vote.
Pour Djénabou Touré, Directrice générale des élections, l’enjeu est stratégique. « C’est une étape très importante dans l’organisation des élections », a-t-elle déclaré à l’ouverture de la session. Derrière la formule, une réalité technique qui pèse lourd : avec trois scrutins simultanés, chaque bureau de vote produira trois procès-verbaux. Soit un volume de données à gérer sans droit à l’erreur.
La patronne de la DGE ne l’a pas caché. L’expérience des scrutins précédents a laissé des traces. « Nous voulons corriger les petites erreurs constatées lors de la présidentielle », a-t-elle reconnu. Classement, tri, numérisation, saisie : chaque maillon doit désormais fonctionner comme une horloge. Et la confidentialité des informations contenues dans les PV a été rappelée comme une ligne rouge.
Pour y parvenir, la DGE a misé sur des profils déjà rodés. « Les personnes choisies sont expérimentées. Elles ne sont pas à leur première opération électorale. Toutes celles que j’ai vues dans la salle ont déjà participé à au moins trois ou quatre sessions de formation », a souligné Djénabou Touré. Le message aux formateurs est clair : transmettre des méthodes, pas des approximations. Et lors des évaluations finales, la compétence doit primer sur toute autre considération. « Si un membre n’est pas compétent, il ne sert à rien de le retenir, même s’il figure déjà dans la base de données », a tranché la directrice.
Cette mobilisation intervient au lendemain du lancement de la formation des formateurs seniors des membres des CACV. Elle s’inscrit dans une séquence accélérée de préparatifs à moins de dix jours du vote du 31 mai.
Au-delà de l’aspect technique, la DGE joue aussi sa réputation. Les Guinéens sont habitués à connaître les résultats dans les 48 heures suivant le scrutin. Un délai que l’institution veut maintenir, malgré la complexité logistique du triple vote. « Ces commissions administratives de réception et de transmission des procès-verbaux ont un rôle essentiel à jouer », a conclu Djénabou Touré.
Reste à voir si cette chaîne humaine, formée à la hâte mais choisie pour son expérience, tiendra face à la pression du terrain le jour J.
Djoumè Sacko, www.lavoixdupeuple.info









