Le phénomène est particulièrement marqué chez les jeunes parents et les femmes, avec 73 % des personnes interrogées dans chacune de ces catégories déclarant ne pas disposer de moyens suffisants pour accueillir un nouvel enfant.
Plus de deux parents sur trois en France, soit 67 %, déclarent ne pas disposer de ressources financières suffisantes pour avoir un enfant supplémentaire, selon une enquête de l’Observatoire des familles de l’Union nationale des associations familiales (Unaf), réalisée par OpinionWay auprès de 2 500 parents. Les résultats, rapportés par Le Figaro, mettent en évidence le poids croissant des contraintes financières dans les projets familiaux.
Le phénomène est particulièrement marqué chez les jeunes parents et les femmes, avec 73 % des personnes interrogées dans chacune de ces catégories déclarant ne pas disposer de moyens suffisants pour accueillir un nouvel enfant. Cette proportion atteint 71 % parmi les habitants des zones rurales, selon l’enquête.
La situation financière des familles apparaît également plus tendue. Au total, 63 % des familles interrogées se disent financièrement « contraintes » ou « juste », tandis qu’un quart qualifie leur situation de « difficile ».
Autre indicateur de cette dégradation, 53 % des parents estiment ne pas avoir les moyens de préparer l’avenir de leur enfant, contre 43 % en 2024. L’écart de dix points en un an traduit, selon l’Unaf, une préoccupation croissante concernant la capacité des familles à faire face aux dépenses futures.
Des familles contraintes d’adapter leur consommation
Face à ces difficultés, les parents mettent en place différentes stratégies pour réduire leurs dépenses ou trouver des ressources supplémentaires.
La revente d’objets est ainsi citée par 46 % des parents interrogés. Dans les familles les plus modestes, un tiers déclare avoir recours au découvert bancaire pour financer certaines dépenses, une pratique qui peut accroître le risque de surendettement.
Dans leur consommation quotidienne, trois quarts des parents indiquent rechercher des promotions. Plus de la moitié déclarent également privilégier les produits de seconde main afin de limiter leurs dépenses.
Ces contraintes financières ont aussi des conséquences sur les choix professionnels au sein des couples. « Les pères tentent de gagner plus. Les mères s’orientent plutôt vers la réduction des dépenses, y compris en sacrifiant leur emploi pour économiser des frais de garde », explique Morgane Lenain, présidente du département économie et consommation de l’Unaf, citée dans l’enquête.
Le coût de l’enfant au cœur des préoccupations
Selon les parents interrogés, les dépenses liées aux enfants sont particulièrement importantes durant la petite enfance, notamment en raison des frais de garde, mais aussi à partir de l’adolescence, dès l’âge de 14 ans.
Au total, 77 % des personnes interrogées, quel que soit leur niveau de vie, considèrent que les dépenses liées aux enfants sont élevées.
Les infrastructures et services destinés aux familles sont également concernés. Plus de la moitié des parents jugent notamment les crèches, les cantines scolaires et les centres de loisirs « trop chers ».
Par ailleurs, 78 % des personnes interrogées estiment que les impôts et les aides publiques actuelles ne prennent pas suffisamment en compte la charge financière liée aux enfants.
Une baisse des naissances en France
Ces résultats interviennent alors que la France connaît depuis plusieurs années une baisse importante de la natalité.
En 2025, 643 905 bébés sont nés dans le pays, soit environ 190 000 naissances de moins qu’en 2010. Sur quinze ans, le nombre de naissances a ainsi diminué de près d’un quart.
L’enquête de l’Unaf montre que les contraintes matérielles interviennent directement dans les projets familiaux déclarés par les parents. Selon l’organisation, une partie des familles renonce ou reporte notamment le projet d’avoir un enfant supplémentaire en raison de leurs difficultés financières.
La directrice générale de l’Unaf, Guillemette Leneveu, souligne également la situation particulière des familles vivant dans les zones rurales.
« Les parents disent que leur projet d’avoir un enfant supplémentaire est contrarié par ces conditions matérielles », explique-t-elle, en évoquant également les difficultés de déplacement et le manque de services publics dans certains territoires.
L’Unaf demande une meilleure prise en compte du coût des enfants
L’Unaf poursuit par ailleurs son action devant le Conseil d’État concernant le décret ayant fait passer de 14 à 18 ans l’âge de la majoration des allocations familiales.
L’organisation estime que cette évolution ne tient pas suffisamment compte des dépenses importantes auxquelles les familles doivent faire face à partir de l’adolescence.
La question du coût de l’éducation, de la garde et de l’accompagnement des enfants s’inscrit ainsi dans un débat plus large sur les politiques familiales et la natalité en France.
Pour l’Unaf, les difficultés économiques constituent l’un des éléments à prendre en compte dans la réflexion sur l’évolution démographique du pays.
La natalité appelée à devenir un sujet politique
Alors que la natalité devrait occuper une place importante dans les débats politiques à l’approche de la présidentielle, l’Unaf entend porter la question des conditions matérielles des familles dans le débat public.
Son président, Bernard Tranchand, insiste également sur la dimension sociale et économique de la question.
« C’est aussi une question de vision positive de l’avenir », affirme-t-il, estimant que la jeunesse et la capacité à accompagner les enfants dans leur éducation sont essentielles au dynamisme de la société, à son innovation et à son économie.
L’enquête souligne ainsi le poids des dépenses familiales dans les décisions des parents, alors que la France fait face à une baisse continue du nombre de naissances et à des difficultés croissantes pour de nombreuses familles à faire face à leurs dépenses quotidiennes.
Source: Anadolu agency

