A Dinguiraye, une portion badigeonnée des abords d’un pont situé dans la commune urbaine suscite des interrogations sur les conditions dans lesquelles le marché a été attribué et financé. Et, le coût des « travaux » fait sérieusement jaser.
Installé il y a un peu plus d’un mois, « le conseil communal a débloqué plus de 20 millions de francs guinéens pour cette opération, sans appel d’offres ».
Une portion dudit pont a fait l’objet de « travaux de réfection » lundi 10 janvier, à l’initiative de la mairie.
Si l’intervention vise à améliorer l’état de cette infrastructure et à faciliter la circulation des usagers, les conditions entourant son financement, le coût et l’attribution du marché soulèvent des préoccupations au sein de la population urbaine de Dinguiraye.

Selon des informations recueillies sur place, plus de 20 millions de francs guinéens auraient été prélevés des caisses de la commune pour financer les travaux. Une dépense qui aurait été engagée alors que le conseil communal n’aurait pas suivi la procédure habituelle de passation des marchés publics.
A en croire nos sources, aucun appel d’offres n’aurait été lancé pour sélectionner l’entreprise ou le prestataire chargé d’exécuter les travaux. Le marché aurait plutôt été attribué de gré à gré.
Plus préoccupant encore, plusieurs conseillers communaux affirment ne pas avoir été informés du déblocage de cette somme et qu’aucune session n’a été tenue pour valider ou invalider le décaissement.
La situation pose ainsi plusieurs questions sur la transparence de la gestion des ressources publiques au niveau de la mairie de Dinguiraye : dans quelles conditions la décision de financer ces travaux a-t-elle été prise ? Quel organe a autorisé le décaissement des fonds ? Pourquoi aucun appel d’offres n’a-t-il été lancé ? Et sur quelle base le marché a-t-il été attribué de gré à gré ?
Pour l’heure, aucune explication officielle de la mairie de Dinguiraye n’a été portée à la connaissance du public concernant le montant exact engagé, l’entreprise bénéficiaire du marché, ainsi que les raisons ayant motivé le recours au gré à gré.
Au-delà de la qualité des travaux réalisés, c’est donc la question de la transparence dans la gestion des ressources de la commune qui se retrouve au cœur des préoccupations.
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