Une délégation du Conseil national de la transition (CNT), conduite par sa première vice-présidente, Hadja Maimouna Yombouno, s’est rendue vendredi au domicile mortuaire de l’ancien ministre de la Justice Maurice Togba Zogbelemou à Lambagni. Au-delà des condoléances adressées à la famille, cette visite a été l’occasion pour l’institution de rendre hommage à un homme dont le parcours a marqué la justice, la politique et le monde universitaire guinéens.
Depuis l’annonce de son décès, survenu le lundi 15 juin 2026 à Conakry des suites de maladie, les témoignages affluent autour de la mémoire de l’honorable Maurice Togba Zogbelemou. Ancien ministre de la Justice et garde des Sceaux, ancien conseiller national du CNT de 2010 et ancien député à l’Assemblée nationale, il laisse derrière lui l’image d’une personnalité qui a occupé plusieurs fonctions au service de l’État.
C’est dans ce contexte qu’une délégation du Conseil national de la transition a effectué le déplacement à la maison mortuaire sise à Lambagni afin de présenter les condoléances de l’institution à la famille du disparu.
À l’issue de cette visite, l’honorable Ahmed Tidiane Sylla, membre de la délégation, a souligné l’ampleur de la perte que représente la disparition de Maurice Togba Zogbelemou pour la Guinée. Il a rappelé que le défunt était également membre de l’Académie des sciences et professeur dans plusieurs grandes universités de Guinée et d’Afrique.
Pour Ahmed Tidiane Sylla, la disparition de l’ancien ministre dépasse le cadre familial ou institutionnel.
« Quand la Guinée perd un tel homme, c’est une triste nouvelle. C’est la Guinée qui perd un baobab, qui perd un de ses grands-fils. Et pour les jeunes générations, c’est un repère, c’est une référence. »
Le conseiller national a expliqué que le déplacement du CNT répondait à un devoir de solidarité envers la famille mais aussi envers la mémoire d’un ancien serviteur de l’État.
« Le Conseil national de la transition, qui fait aussi office d’Assemblée nationale avant l’installation de la nouvelle Assemblée, est venu présenter ses condoléances à la famille, à son épouse, à ses enfants, leur témoigner de la tristesse qui s’empare de tout le peuple de Guinée et de l’émoi qui touche tout le pays, pour leur dire que les institutions républicaines sont touchées », a-t-il déclaré.
Cette présence du CNT auprès de la famille a été accueillie avec reconnaissance par les proches du défunt. Prenant la parole au nom de la famille, son fils, l’honorable Jougué Zogbelemou, a confié que les nombreux témoignages reçus depuis le décès de son père lui permettent aujourd’hui de mesurer davantage l’empreinte laissée par celui-ci.
«Le papa, nous l’avons connu en tant que père. Mais aujourd’hui, nous nous sentons beaucoup honorés. Le fruit qu’il a semé, c’est maintenant que nous le comprenons. »
Évoquant le parcours de son père, il a rappelé les services rendus à la Guinée ainsi qu’à d’autres pays africains, notamment la Côte d’Ivoire, le Cameroun et le Sénégal, à travers ses différentes responsabilités dans les domaines du droit, de la justice et de la représentation nationale.
«Aujourd’hui, nous sommes vraiment satisfaits de l’honneur que lui rendent ses amis, ses frères, ses collaborateurs, les institutions de la Guinée et le gouvernement à tous les niveaux. Nous sommes fiers de l’effort que notre papa a pu faire et du fruit qu’il a semé. »
Le fils du défunt a également insisté sur l’élan de solidarité observé depuis l’annonce du décès.
«Depuis le lundi matin, c’est toute la Guinée qui vient chez nous. Donc recevoir les membres du CNT aujourd’hui, c’est un grand honneur pour nous. Et au nom de la famille, nous leur disons merci. »
Les hommages à Maurice Togba Zogbelemou se poursuivront dans les prochains jours. L’ancien ministre, qui laisse une épouse et quatre enfants, bénéficiera d’un symposium prévu le mercredi 24 juin 2026 au Palais du Peuple.
Ses obsèques prendront fin le lundi 29 juin prochain à N’Zérékoré, sa préfecture natale, où il sera inhumé.
À travers la visite du CNT, les témoignages de ses anciens collègues et l’émotion exprimée par sa famille, c’est le souvenir d’un homme ayant marqué les institutions, l’université et le monde du droit qui continue de rassembler bien au-delà de son cercle familial.
M’Böh/Djoumè SACKO , pour la www.lavoixdupeuple.info








