Le juriste Bassamba Amine à monsieur Antonio Souaré, « ne laissez pas le football guinéen mourir de sa propre faiblesse. Acceptez de faire le nécessaire, tout le nécessaire, pour reprendre les rênes de notre destin sportif. Le peuple vous attend, l’histoire vous observe, et la patrie vous interpelle. Comme nous le rappelle un sage classique français : « Les grandes occasions ne se présentent pas à ceux qui les attendent, mais à ceux qui savent les saisir pour le bonheur des autres. »
Lettre !!!
Monsieur le Président,
Dans le long et tumultueux parcours de chaque pays, il arrive des moments où le silence n’est plus une vertu, mais une complicité, et où la retraite, aussi méritée soit-elle, s’apparente à une désertion.
Je vous écris aujourd’hui non par simple amitié ou par courtoisie, mais avec la gravité de celui qui voit le temple de notre passion commune, le football guinéen, s’effondrer sous les coups de boutoir de l’incompétence, des intérêts personnels et des querelles byzantines d’égos.
Le football, en Guinée, n’est pas un simple sport ; c’est un ciment social, une respiration collective, un exutoire aux peines quotidiennes. Or, force est de constater que depuis votre départ de la tête de la Fédération Guinéenne de Football (FEGUIFOOT), ce qui était un fleuron est devenu un champ de ruines. Les crises successives, qui ont débuté sous l’ancien régime pour s’accentuer durant la transition, ne sont plus des accidents de parcours, mais les symptômes d’une agonie institutionnelle. Aujourd’hui encore, une nouvelle crise vient de déchirer le voile de nos espoirs, laissant le public sportif dans une amertume que rien ne semble pouvoir apaiser.
Comme le rappelait si justement un grand auteur : « La véritable force ne consiste pas à ne jamais tomber, mais à se relever et à relever ceux qui ont chuté. » Votre bilan à la tête de la fédération, Monsieur le Président, est un monument de réalisations que seuls les aveugles ou les ingrats peuvent feindre d’ignorer. Sous votre magistère, le football guinéen a retrouvé ses lettres de noblesse : des infrastructures modernes, une organisation rigoureuse, et surtout, cette fierté retrouvée de porter les couleurs nationales. Vous avez investi non seulement vos propres moyens, mais aussi votre âme pour que la Guinée soit respectée sur l’échiquier continental et mondial.
Aujourd’hui, le constat est implacable : des amateurss, mus par des intérêts mesquins, tiennent en otage le ballon rond. Ils se disputent des lambeaux de pouvoir pendant que la jeunesse se désespère et que le prestige de notre pays s’étiole. « On peut tromper une partie du peuple tout le temps, ou tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut tromper tout le peuple tout le temps. » Le public sportif ne s’y trompe pas. Des spécialistes aux supporters les plus humbles, une seule voix s’élève aujourd’hui, puissante et unanime : celle qui vous appelle au secours.
Monsieur le Président,
Le patriotisme n’est pas un vain mot ; c’est un sacrifice permanent. Je sais votre désir de sérénité, je connais votre attachement à votre liberté d’homme d’affaires accompli. Mais pouvez-vous rester sourd aux cris d’une nation qui vous appelle à son secours ? Pouvez-vous laisser l’œuvre d’une vie être anéantie par ceux qui n’ont pour seule compétence que leur propre égo ?
Il est temps de rompre ce cycle de l’échec. La Guinée a besoin de votre expertise, de votre autorité morale et de votre générosité légendaire. Reprendre la tête de la fédération n’est plus une option personnelle, c’est une exigence nationale. C’est une mission de salut public. « Le bien commun est la loi suprême », et aujourd’hui, le salut de notre bien commun qu’est le football guinéen passe par votre leadership.
Ne laissez pas le football guinéen mourir de sa propre faiblesse. Acceptez de faire le nécessaire, tout le nécessaire, pour reprendre les rênes de notre destin sportif. Le peuple vous attend, l’histoire vous observe, et la patrie vous interpelle. Comme nous le rappelle un sage classique français : « Les grandes occasions ne se présentent pas à ceux qui les attendent, mais à ceux qui savent les saisir pour le bonheur des autres. »
Je vous prie de saisir cette occasion, Monsieur le Président. Pour le bonheur du peuple sportif de Guinée, pour la gloire de notre drapeau, et pour que plus jamais des mains inexpertes ne s’emparent de ce que nous avons de plus précieux.
Dans l’espoir que cet appel du cœur et de la raison trouvera un écho dans votre âme de patriote, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération.
Bassamba Amine
Juriste & Politologue


