La cérémonie de dédicace de l’ouvrage « Amélioration du cadre juridique des projets d’interconnexion électrique dans l’espace CEDEAO : cas de l’OMVG », écrit par Dr Yaovi Afadodan, juriste, expert en droit de l’énergie et directeur des affaires juridiques et contentieux d’Électricité de Guinée (EDG), s’est tenue ce samedi à Kipé, dans la commune de Ratoma.
À travers cet ouvrage, fruit de plusieurs années de recherche, l’auteur analyse les défis juridiques liés aux projets d’interconnexion électrique entre les États ouest-africains, notamment dans le cadre de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG).
Pour Dr Yaovi Afadodan, la réussite de ces projets passe nécessairement par un cadre juridique harmonisé entre les pays concernés.
« Le message clair que j’ai voulu véhiculer à travers cet ouvrage est que nous avons aujourd’hui des infrastructures. Les États ont décidé de partager une énergie entre les quatre pays, mais ce qui garantit que l’électricité circule sur ces infrastructures pendant plusieurs années, voire plusieurs décennies, c’est le droit », a-t-il expliqué.
Selon lui, l’harmonisation des textes est indispensable pour sécuriser le secteur et attirer les investissements.
« Un cadre juridique clair, transparent et harmonisé attire les investissements, garantit que l’énergie circule librement, même en cas de difficultés, et permet, in fine, aux populations d’avoir accès à une énergie de qualité et en quantité suffisante », a-t-il ajouté
L’auteur espère également que son travail contribuera à faire évoluer les politiques publiques dans le domaine de l’énergie.
« L’attente, c’est que les décideurs, les chercheurs et les scientifiques, lorsqu’ils publient, puissent susciter des débats, des discussions et des réflexions. Il faut que les lignes bougent et que des décisions soient prises pour le bonheur de nos populations », a-t-il indiqué.
Évoquant la situation en Guinée, Dr Yaovi Afadodan a plaidé pour une actualisation du cadre légal du secteur.
« Il faut notamment prendre en compte la révision de la loi de 1993 sur l’électricité. La Guinée s’est engagée dans cette réforme et moi, en tant que directeur général d’EDG, je fais partie de cette commission. Il faut faire en sorte que les propositions contenues dans ce livre soient prises en compte afin de disposer d’un cadre juridique stable, cohérent et prévisible », a-t-il souligné.
Présent à la cérémonie, l’honorable Kèoulen Doré a salué la portée pratique de l’ouvrage.
« Ce livre ne vient pas seulement d’un théoricien. Il est l’œuvre d’un praticien qui a mené une recherche à la fois théorique et pratique, assortie de recommandations. Nous, professionnels du droit, pourrons également nous appuyer sur cet ouvrage pour améliorer le cadre juridique de l’interconnexion », a-t-il déclaré.

De son côté, le directeur général d’EDG, El Hadj Gandho Barry, a insisté sur la dimension intégratrice de l’interconnexion électrique.
« Lorsqu’on parle d’interconnexion, on parle de familles. Ce sont des familles guinéennes qui vivent du côté du Liberia, de la Gambie, de la Guinée-Bissau, du Sénégal, de la Sierra Leone ou encore de la Côte d’Ivoire. L’interconnexion est une autre expression de la famille et de l’intégration régionale », a-t-il affirmé.
Pour l’épouse de l’auteur, Fatoumata Yaovi Keïta, cette œuvre est le fruit de nombreuses années de sacrifices.
« Mon mari est un grand travailleur. Je me souviens que lorsqu’il préparait son doctorat, il effectuait de fréquents voyages entre Conakry et Banjul, se privant de sa famille, des loisirs et du repos pour mener ses recherches. C’est un immense sacrifice », a-t-elle témoigné.

Publié aux éditions l’Harmattan Guinée, l’ouvrage, qui compte environ 250 pages, constitue une contribution importante au débat sur la gouvernance juridique de l’énergie et l’intégration électrique en Afrique de l’Ouest.
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