La République de Guinée a signé l’Accord BBNJ lors de la troisième Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC3), tenue à Nice du 9 au 13 juin 2025. Cette signature traduit l’engagement politique du pays en faveur de la gouvernance internationale de l’océan, dans le prolongement de sa ratification antérieure de la CNUDM et de plusieurs instruments connexes. Le processus de ratification du BBNJ par la Guinée n’est cependant pas encore achevé. La ratification, qui relève de la représentation nationale, et la mise en œuvre effective du Traité supposent un travail préparatoire d’envergure. C’est dans ce cadre que s’est tenu le mardi 14 juillet 2026, à Conakry d’un séminaire d’informations et de sensibilisation des acteurs de la société civile et des journalistes, sur les enjeux de ce texte qui vise à protéger la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales. Le thème était : « Comprendre le rôle des organisations de la société civile et des médias dans le processus de ratification et de mise en œuvre du traité sur la Haute-Mer en Guinée ».

Selon le directeur exécutif de l’ONG Guinée Écologie, Mamadou Diawara : « Le présent atelier qui bénéficie de l’appui financier de la Fondation Prince Albert II de Monaco (FPA2), avec l’appui technique de BirdLife International (BLI), partenariat mondial regroupant des organisations nationales de conservation de la nature présentes dans plus de 115 pays, dont Guinée Écologie a pour objectif de renforcer d’une part les connaissances des participants sur le contenu des enjeux de ce traité. De l’autre, amener ces acteurs à jouer pleinement leur rôle dans le cadre du processus de plaidoyer relatif à sa ratification et sa mise en œuvre en Guinée. Parce que nous sommes convaincus qu’aucune ratification, aucune mise en œuvre d’un traité national, international, ne peut porter durablement ses fruits sans une appropriation citoyenne. Les administrations négocient, les parlementaires autorisent, mais ce sont les organisations de la société civile qui portent la parole des communautés côtières et ce sont les médias qui informent, expliquent et interpellent. Sans votre modélisation, sans votre vigilance, le risque est grand que ce traité historique reste un texte de plus ratifié sur le papier, mais peu appliqué dans les faits » a-t-il souligné.
L’Accord BBNJ a été ratifié déjà par 61 États. Il va protéger la haute mer en créant des aires marines protégées. Il propose également des évaluations d’impact environnemental tout en assurant le partage juste et équitable des bénéfices tirés des ressources génétiques marines.

Pour sa part, le conseiller principal du ministère de l’Environnement et du Développement Durable, Seydou Barry qui a présidé la cérémonie d’ouverture, a affirmé que cet accord arrive à point nommé avec l’émergence du programme Simandou 2040. : « La désignation d’un point focal national BBNJ en Guinée, la mise en place d’un comité national de coordination, l’organisation d’activités de sensibilisation des institutions publiques, ainsi que l’élaboration progressive d’une feuille de route nationale destinée à accompagner la ratification et la mise en œuvre effective de cet accord international. Ces acquis démontrent la volonté constante du gouvernement de faire de la protection de la biodiversité marine une composante essentielle de sa politique environnementale et de son ambition de bâtir une économie plus durable, inclusive et résiliente ».
Au sortir de cette rencontre, les participants venus des organisations de la société civile et des médias sont invités à contribuer activement à l’enrichissement de la stratégie nationale de gouvernement dans ce processus de ratification. Par ailleurs, la gestion des communes entre dans une nouvelle phase à Conakry.
Oumar M’Böh



