Au terme d’une demi-finale irrespirable et fermée (0-0 après 120 minutes), les Lions de l’Atlas ont fait parler leur sang-froid pour écarter le Nigeria lors de la séance des tirs au but (4-2), mercredi soir à Rabat. Porté par un Bounou décisif et un Hakimi imperturbable, le Maroc décroche son billet pour la finale et s’offre un rendez-vous historique face au Sénégal.
Dès les premières minutes, les Lions de l’Atlas ont affiché leurs intentions. Portés par une forte intensité dans le pressing et une circulation rapide du ballon, les hommes de Walid Regragui ont rapidement pris le contrôle du match. Très actif sur son couloir droit, Achraf Hakimi a multiplié les centres et les projections, tandis que Brahim Díaz s’est illustré par ses prises de balle tranchantes et ses tentatives de percussion.
La première alerte est intervenue dès la 3e minute, lorsque Ismaël Saibari a profité d’une mauvaise relance nigériane pour filer vers le but, mais sa frappe a été contrée in extremis. Quelques minutes plus tard, Brahim Díaz a fait lever le public de Rabat avec une frappe enroulée du gauche qui a frôlé le poteau de Nwabali (9e). Le Maroc a continué d’appuyer, dominant la possession et enfermant le Nigeria dans son propre camp.
Les Super Eagles, étouffés par le pressing marocain, ont eu beaucoup de mal à sortir proprement le ballon. Souvent réduits à jouer long vers Osimhen ou Lookman, les Nigérians n’ont que rarement inquiété Yassine Bounou. La seule véritable occasion adverse est venue de Lookman, dont la frappe à l’entrée de la surface a été bien repoussée par le portier marocain (14e).
Côté marocain, les occasions se sont succédé. Saibari s’est de nouveau illustré dans la surface après un crochet et une frappe du gauche repoussée par Nwabali (40e), tandis que Hakimi a tenté sa chance sur coup franc, sans succès (35e). Brahim Diaz, omniprésent, a également manqué le cadre de la tête sur un centre millimétré du latéral droit marocain (29e).
Malgré cette domination nette — dans la possession, les duels et le volume offensif — les Lions de l’Atlas ont péché dans la finition, laissant le Nigeria toujours en vie à la pause. De leur côté, les hommes d’Eric Chelle ont surtout subi, se contentant de défendre bas et d’espérer une opportunité en contre.
À l’issue de ces 45 premières minutes, le scénario est clair : le Maroc a les clés du match, mais devra se montrer plus tranchant dans la zone de vérité pour faire plier une équipe nigériane regroupée et dangereuse en transition. Dans une demi-finale aussi serrée, le moindre détail pourrait faire basculer le destin des Lions de l’Atlas vers une finale historique à domicile.
Après une première période largement dominée par les Lions de l’Atlas, le Maroc est reparti avec la même intensité au retour des vestiaires face au Nigeria. Le bloc est remonté, le pressing s’est intensifié et la pression sur la défense des Super Eagles s’est accentuée. À la 49e minute, la dynamique était déjà évidente : le Nigeria reculait, contraint de défendre dans sa moitié de terrain.
À la 53e minute, Noussair Mazraoui a profité d’un espace pour s’infiltrer dans la surface et tenter de servir un coéquipier, mais la défense nigériane est intervenue in extremis.
En face, le Nigeria peine à exister offensivement. Les Super Eagles n’ont pas cadré la moindre occasion nette depuis la reprise et semblent se contenter de longs ballons vers Victor Osimhen, trop esseulé pour peser réellement. À la 67e minute, une ouverture d’Iwobi lui a permis de contrôler dans la surface, mais sans pouvoir se retourner ni inquiéter Bounou.
Le Maroc, lui, a encore frôlé l’ouverture du score à la 68e minute. Sur un dégagement long de Bounou et une remise intelligente de Diaz, Youssef En-Nesyri a failli prendre la défense nigériane à défaut, mais Bassey est revenu de justesse pour empêcher le face-à-face.
Les Lions de l’Atlas ont encore fait trembler la défense nigériane à la 76e minute, lorsque le centre d’Ezzalzouli à destination d’El Khannouss a été détourné en corner. Deux minutes plus tard, les Marocains ont même réclamé un penalty après une frappe de Hakimi contrée dans la surface, possiblement du bras, mais l’arbitre n’a pas bronché.
Dans la foulée, Ezzalzouli s’est de nouveau illustré par une frappe puissante repoussée avec autorité par Nwabali (83e), confirmant la domination territoriale marocaine dans cette fin de match. Walid Regragui a alors tenté de dynamiser son attaque en procédant à un double changement : El Khannouss et El Kaabi ont cédé leur place à Targhalline et Igamane, afin d’apporter de la fraîcheur et de la percussion dans les derniers mètres.
En face, le Nigeria a également tenté de réagir en lançant Moses Simon, sans pour autant parvenir à inverser la tendance. Le temps additionnel n’aura pas suffi à départager les deux équipes.
Dans un stade Moulay Abdellah toujours aussi bouillant, le Maroc a tenté de forcer la décision dès les premières minutes de ce temps supplémentaire, porté par l’énergie de son public et la fraîcheur de ses entrants.
Entré en jeu quelques minutes plus tôt, Hamza Igamane s’est rapidement mis en évidence. À la 95e minute, l’attaquant a fait frissonner la défense nigériane avec un superbe petit pont sur Onyeka avant d’enchaîner par une frappe enroulée, malheureusement non cadrée. Une action qui a confirmé la volonté marocaine d’accélérer dans cette prolongation.
Le Nigeria, de son côté, est resté fidèle à son approche prudente, se contentant de défendre bas et de tenter de rares sorties en contre. À la 98e minute, Eric Chelle a procédé à son deuxième changement seulement, remplaçant Adams par Dele-Bashiru afin d’apporter un peu de fraîcheur au milieu.
Quelques instants plus tard, Igamane a de nouveau tenté sa chance, cette fois de l’extérieur de la surface, mais sa frappe manquait de puissance pour inquiéter Nwabali (100e). Dans la foulée, Walid Regragui a semblé envisager la sortie de Brahim Díaz, initialement remplacé par En-Nesyri, avant de se raviser au dernier moment, décidant finalement de maintenir son meneur de jeu sur le terrain pour les minutes cruciales à venir.
À la reprise, Walid Regragui a tenté un dernier coup pour lancer Akhomach. Mais le rythme reste faible, et la perspective d’une séance de tirs au but devient de plus en plus probable, dans un stade où la tension est à son comble.
La demi-finale s’est finalement jouée à la loterie des tirs au but, au terme de 120 minutes irrespirables conclues sur un score nul et vierge (0-0). Dans un stade Moulay Abdellah suspendu au moindre souffle, les Lions de l’Atlas ont fait preuve de sang-froid pour arracher leur place en finale de la CAN 2025 face au Nigeria.
La séance a parfaitement démarré pour le Maroc grâce à El Aynaoui, qui a ouvert le score en trompant Nwabali d’un tir maîtrisé. Le Nigeria a immédiatement répondu par Onuachu, maintenant l’égalité. Le premier tournant est intervenu lorsque Hamza Igamane a vu sa tentative repoussée par le gardien nigérian, offrant un avantage psychologique aux Super Eagles. Mais la réponse marocaine ne s’est pas fait attendre : Samuel Chukwueze a complètement manqué son tir, stoppé sans difficulté par Yassine Bounou, relançant totalement les Lions de l’Atlas.
Dans cette ambiance électrique, Eliesse Ben Seghir a redonné l’avantage au Maroc d’une frappe précise, avant que Dele-Bashiru ne ramène une nouvelle fois le Nigeria à hauteur. Tout s’est alors joué sur les derniers tireurs. Et comme souvent dans les grands rendez-vous, Achraf Hakimi a assumé ses responsabilités. D’un plat du pied plein de sang-froid, le capitaine marocain a trompé Nwabali, scellant la victoire du Maroc (3-2) et faisant exploser de joie le public de Rabat.
Grâce à ce succès au bout du suspense, les Lions de l’Atlas se qualifient pour la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, où ils retrouveront le Sénégal, avec le rêve immense de soulever le trophée à domicile. Un exploit bâti sur la maîtrise, la solidité mentale et l’élan d’un peuple tout entier derrière son équipe.
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