Le Burkina Faso a rétabli, mardi 20 octobre, la peine de mort, abolie en 2018, dans un nouveau Code pénal, voté à l’unanimité par les 71 membres de l’Assemblée législative du peuple. Le texte durcit aussi les peines pour de nombreux délits.
« Les actes de terrorisme, l’espionnage, la trahison, le parricide et l’importation de produits périmés ou prohibés ayant entraîné la mort sont désormais punis de la peine de mort », a relayé l’Agence d’information du Burkina (média d’Etat), ce mardi 20 octobre. Le gouvernement du Burkina Faso avait annoncé officiellement son intention de rétablir la peine de mort, en adoptant un projet de loi en décembre dernier, alors qu’elle avait été abolie en 2018.
« Cette réforme législative vise à renforcer l’ordre public, à consolider les valeurs fondamentales de la nation et à garantir la sécurité des personnes et des biens », a écrit mardi le ministère de la Justice dans une publication sur Facebook. « Au terme des votes, l’ALP a adopté à l’unanimité de ces 71 parlementaires la nouvelle loi portant Code pénal au Burkina Faso », a-t-il précisé.
À la tête d’un pouvoir militaire arrivé fin septembre 2022 par un coup d’État, le capitaine Ibrahim Traoré gouverne le pays d’une main de fer. Des dizaines de voix critiques, ainsi que des journalistes et des magistrats ont été enlevés et parfois enrôlés de force pour combattre les jihadistes qui minent le pays, selon des ONG internationales.
Depuis une décennie, le pays est miné par les violences de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, qui ont fait des milliers de morts et des déplacés internes.
L’AIB, qui s’appuie sur des propos du ministre de la justice Edasso Rodrigue Bayala, écrit que « les groupes terroristes se servaient de la clémence relative de l’ancien texte comme argument de recrutement ».


