Le compte à rebours est lancé. À moins de deux jours du démarrage effectif des épreuves, les examens nationaux guinéens pourraient basculer dans la paralysie. Les syndicats d’enseignants contractuels non retenus menacent de tout bloquer si le gouvernement n’honore pas, d’ici 48 heures, les engagements pris depuis janvier.
L’alerte est venue de deux porte-parole du SLECG. Elhadj Mamadou Diacka Sow, qui représente les contractuels non retenus et siège à la commission nationale de traitement des dossiers au sein de la FSPE, a sonné la charge. Selon lui, l’attente a assez duré. Il interpelle directement les ministères concernés et cite nommément Mory Condé, Alpha Bacar et François Bourouno. Sans action rapide, dit-il, le boycott des examens nationaux sera acté.
Le point de crispation remonte à un protocole d’accord signé le 3 janvier 2026. Il prévoyait le déploiement d’une mission de vérification sur le terrain pour identifier les enseignants concernés, rectifier les anomalies et aboutir à une liste consensuelle. Cette mission n’a toujours pas quitté Conakry. Mohamed Bangoura, porte-parole du SLECG et membre de la commission technique chargée du recrutement des contractuels communaux non retenus, dénonce cette immobilité. Pour lui, continuer à « toiletter » les fichiers sans déplacement est un leurre.
Bangoura reconnaît que des corrections ont été apportées aux fichiers reçus. Mais l’inquiétude grandit chez les enseignants qui attendent depuis des mois. Il met en garde : si les missionnaires ne se rendent pas sur le terrain, la confiance sera rompue. Un enseignant qui choisit de boycotter agit dans son droit, et personne ne pourra l’en blâmer, estime-t-il. Les conséquences, en revanche, toucheraient l’ensemble du pays.
Conscients du risque pour l’école guinéenne, les responsables syndicaux pressent l’exécutif de réagir. L’objectif affiché : éviter une perturbation des examens nationaux et sauver l’année scolaire. « Il faut sauver l’année académique, il faut sauver les examens nationaux », conclut Mohamed Bangoura.
Djoumè SACKO, www.lavoixdupeuple








