Le Ministère de l’Éducation Nationale, à travers la Direction Générale des Examens et Contrôle Scolaires (DGESCS), a rendu public ce jeudi, 23 juillet les statistiques du Baccalauréat unique session 2026. Selon cette direction, le taux de réussite national est de 38, 08%. Le journaliste Facely Konaté a fait une analyse des dernières statistiques.
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Au-delà des 38,08 % : ce que révèlent les résultats du baccalauréat 2026 en #Guinée
Avec 38,08 % de réussite, le baccalauréat unique 2026 affiche son meilleur résultat depuis six ans. À première vue, les statistiques publiées par le ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation traduisent une nette progression.
Mais comparés sur la période 2021-2026, ces résultats racontent une histoire plus nuancée et soulèvent plusieurs questions sur l’évolution du système éducatif guinéen.
Après l’effondrement historique de 2022 (9,37 %), le taux de réussite est reparti à la hausse : 27,46 % en 2023, 24,64 % en 2024, 32,34 % en 2025, puis 38,08 % en 2026. La tendance est claire. Son interprétation l’est beaucoup moins. Traduit-elle une amélioration du système éducatif, une hausse du niveau des élèves, une évolution des pratiques d’évaluation ou une combinaison de ces trois facteurs ?
- Les filles réduisent l’écart avec les garçons
C’est l’un des enseignements les plus marquants de cette période. L’écart de réussite s’est nettement resserré : 11,38 points en 2022, 7,22 points en 2024, puis 4,29 points en 2026.
Avec 35,69 % de réussite cette année, les candidates se rapprochent progressivement des garçons (39,98 %). En revanche, elles restent sous-représentées dans les filières scientifiques : elles ne représentent qu’environ 37 % des inscrits en Sciences Mathématiques. Le défi porte donc désormais autant sur l’orientation que sur la réussite.
- Les Sciences Mathématiques changent la donne
La série Sciences Mathématiques (SM) réalise une progression spectaculaire avec 51,88 % de réussite, contre 28,13 % en 2025.
Avec 13 562 admis, elle produit presque autant de bacheliers que les Sciences Sociales (13 682), alors qu’elle comptait près de 14 000 candidats de moins au départ. À elle seule, la série SM représente près de quatre bacheliers sur dix admis cette année.
À l’inverse, les Sciences Expérimentales plafonnent à 29,69 %. Un écart qui interroge sur les conditions d’enseignement des disciplines expérimentales.
- L’enseignement supérieur sous pression
Avec 34 340 nouveaux bacheliers, contre 8 731 en 2022 et 22 351 en 2025, l’enseignement supérieur s’apprête à accueillir une cohorte sans précédent.
Les établissements d’enseignement supérieur publics ou privés disposent-ils des infrastructures, des enseignants et des équipements nécessaires ? Les facultés scientifiques et les écoles d’ingénieurs seront-elles capables d’absorber l’afflux de diplômés issus des Sciences Mathématiques sans dégrader les conditions de formation ? Autant de questions qui s’imposeront avant la prochaine rentrée universitaire.
- Les absents, l’angle mort des statistiques
Les résultats révèlent également que 4 209 candidats inscrits ne se sont finalement pas présentés aux épreuves, sur 94 392 inscrits.
Ce chiffre est en nette baisse par rapport à 2022 (9 392 absents) et 2023 (plus de 10 600). Il peut traduire une meilleure maîtrise des inscriptions ou un assainissement des fichiers de candidature.
Une interrogation demeure pourtant : pourquoi, chaque année, plusieurs milliers de candidats ne franchissent-ils jamais les portes des salles d’examen ?
Au-delà du taux de réussite, ces résultats invitent surtout à s’interroger sur la qualité des apprentissages, la capacité d’accueil des universités, les parcours des candidats qui restent en marge de l’examen, etc.
Et vous, quel enseignement retenez-vous des résultats du baccalauréat 2026 ?



