Le gouvernement guinéen met un frein aux retours forcés de ses ressortissants depuis l’Allemagne. Morissanda Kouyaté, ministre des Affaires étrangères, a exigé lundi une pause immédiate dans les rapatriements, insistant sur le respect de la dignité des citoyens concernés.
En l’absence de l’ambassadrice allemande, en déplacement, le ministre a reçu le chargé d’affaires de l’ambassade allemande à Conakry pour rappeler que l’accord migratoire signé en 2018 n’avait jamais été appliqué intégralement par le précédent gouvernement. Selon lui, cet accord doit avant tout protéger les droits et l’intégrité des Guinéens rapatriés.
Morissanda Kouyaté a souligné que la Guinée a résisté pendant quatre ans à toute pression de Berlin et de l’Union européenne pour appliquer l’accord à la lettre, afin de ne pas exposer les citoyens à des conditions humiliantes ou inhumaines. Il a également annoncé la création d’une commission d’enquête conjointe Guinée‑Allemagne pour revoir les modalités de retour et garantir que la dignité des rapatriés soit respectée.
Le chargé d’affaires allemand a exprimé sa volonté de coopérer tout en rappelant la nécessité de respecter les cadres juridiques internationaux. Le ministre guinéen a insisté sur l’importance de trouver un équilibre entre obligations internationales et protection humaine, mettant la Guinée en posture de défense ferme de ses citoyens.
Cette décision marque un tournant dans la coopération migratoire entre Conakry et Berlin, avec la priorité donnée à la sécurité et à la dignité des ressortissants guinéens.
Djoumè SACKO pour www.lavoixdupeuple.info








