Quelques semaines seulement après un incident avec la Sierra Leone, une nouvelle tension est apparue à une autre frontière de la Guinée. Ces deux situations, survenues dans un intervalle de temps court, ont attiré l’attention des observateurs et relancé le débat sur la sensibilité des zones frontalières dans la région.
Le premier fait remonte au 22 février 2026 dans la zone de Koudaya située dans la préfecture de Faranah. Selon l’armée guinéenne, des militaires de la Sierra Leone sont entrés sur le territoire guinéen. Ils auraient installé une tente et hissé leur drapeau national dans la zone concernée. Les forces armées guinéennes ont alors procédé à l’arrestation de seize soldats et policiers sierras léonaises. Les autorités guinéennes ont affirmé que ces agents se trouvaient entre un et un virgule six kilomètre à l’intérieur du territoire guinéen sans autorisation. Cet épisode a créé une vive tension avant que des discussions diplomatiques n’interviennent pour apaiser la situation.
Quelques semaines plus tard une autre tension est apparue cette fois à la frontière entre la Guinée et le Libéria. Les informations disponibles situent les faits dans la zone frontalière entre Guéckédou en Guinée et Foya dans le comté de Lofa au Libéria. L’incident est lié à un différend autour de la position de la frontière dans la localité de Kiéssènèye et autour de l’installation d’un drapeau libérien dans la zone. Les autorités guinéennes ont estimé que ce drapeau avait été déplacé vers leur territoire et ont demandé qu’il soit replacé à sa position initiale.
Dans ce contexte des tensions ont été signalées dans la zone frontalière. Certaines sources libériennes ont affirmé que des soldats guinéens auraient traversé la frontière et occupé une zone disputée. Des informations ont également fait état d’un incident de fusillade survenu le 11 mars 2026 et qui a blessé un citoyen libérien. Selon les autorités de Monrovia ce citoyen est dans un état stable et reçoit des soins.
Face à cette situation le gouvernement libérien a indiqué que des efforts diplomatiques sont en cours pour résoudre la tension de manière pacifique. Les discussions impliquent des contacts bilatéraux entre les deux pays mais aussi des cadres régionaux comme l’Union du fleuve Mano et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Une délégation de haut niveau doit se rendre en Guinée afin de poursuivre les échanges avec les autorités guinéennes.
Les autorités libériennes ont également appelé les populations vivant dans les zones frontalières à rester calmes et à éviter toute réaction susceptible d’aggraver la situation. Elles ont aussi mis en garde contre la diffusion d’informations fausses ou exagérées qui pourraient alimenter les tensions.
Selon les dernières informations le calme revient progressivement dans la zone même si la frontière reste sous surveillance. Ces deux incidents successifs rappellent la fragilité de certaines limites territoriales héritées de l’histoire et la nécessité d’un dialogue constant entre les États voisins pour préserver la stabilité dans la région.
Djoumè SACKO pour www.lavoixdupeuple.info







