LES COULISSES TROUBLES D’UN PROGAMME DE RÉFORME DE L’ETAT ET DE LA MIDERNISAHION DE LA FONCTION PUBLIQUE QUI PEINE À HONORER SES PROPRES ENGAGEMENTS AVEC LES EXPERTS NATIONZUX
Le gouvernement guinéen, à travers le ministère du travail et de la fonction publique, a lancé le Programme de réforme de l’État et de modernisation de l’administration publique (PREMAP). L’un des instruments majeurs de transformation de la gouvernance en Guinée. L’objectif affiché est de : Réorganiser l’administration publique, améliorer l’efficacité des institutions et instaurer une culture de transparence dans la gestion publique.
Mais selon un expert qui affirme avoir participé à l’élaboration du document de diagnostic, : « plus que le programme avance, une controverse inattendue vient ternir l’image de cette réforme censée incarner une nouvelle ère administrative. Au cœur de cette controverse, les honoraires impayés d’une grande partie des experts nationaux mobilisés pour réaliser la phase de diagnostic du programme. Plus d’un an après la réalisation de leurs missions, plusieurs consultants n’ont toujours pas perçu la totalité voire la majeure partie des montants prévus dans leurs contrats » a révélé cet acteur.
Pour lui, cette situation pourrait désormais franchir une nouvelle étape qui est celle d’un contentieux judiciaire.
Ce diagnostic était basé sur quoi concrètement ?
En effet, poursuit le consultant, le PREMAP repose sur une logique simple mais essentielle : avant toute transformation de l’appareil administratif, il est nécessaire d’en établir un diagnostic approfondi.
C’est dans ce cadre que plusieurs experts universitaires, consultants en politiques publiques et spécialistes de gouvernance ont été recrutés afin d’analyser les pratiques administratives, identifier les dysfonctionnements et proposer des pistes de réforme. Ces missions ont mobilisé des équipes de consultants pendant plusieurs mois. Ceux-ci ont mené des enquêtes institutionnelles, suivies des consultations auprès des administrations publiques et la tenue des ateliers techniques jusqu’à la rédaction de rapports stratégiques, a-t-il expliqué.
S’agissant du mode de paiement, il a dit que les modalités de paiement prévoyaient généralement un mécanisme classique : une première tranche au lancement de la mission, puis un paiement complémentaire après la remise des livrables.
Mais entre les engagements contractuels et leur exécution effective, le décalage semble aujourd’hui manifeste. Car à l’en croire plusieurs experts ayant participé à cette enquête assurent avoir exécuté l’intégralité des missions prévues dans leurs contrats. Certains ont parcouru plusieurs régions du pays pour collecter des données auprès des administrations locales. D’autres ont participé à des ateliers techniques organisés à Conakry pour présenter les résultats de leurs analyses. « Nous avons rempli toutes nos obligations contractuelles. Les rapports ont été remis, les réunions de restitution ont eu lieu. Pourtant, les paiements restent incomplets plus d’un an après. » regrettent-ils.
Dans plusieurs cas évoqués par ces consultants, seuls des montants partiels auraient été versés, parfois très inférieurs aux sommes initialement prévues.
Au fil des mois, ce retard prolongé a suscité un profond malaise parmi les experts nationaux impliqués dans le programme. Beaucoup affirment avoir accepté ces missions par conviction, estimant contribuer à une réforme structurante pour l’État guinéen.
Mais l’absence de paiement nourrit aujourd’hui un sentiment d’incompréhension.
« Au-delà de l’aspect financier, c’est une question de respect des engagements », explique un consultant ayant participé aux travaux de diagnostic.
Certains évoquent également les charges personnelles engagées pour mener à bien leurs missions : déplacements, logistique, organisation d’activités techniques. Dans plusieurs cas, ces dépenses auraient été avancées sur fonds propres.
Parallèlement à la question des honoraires impayés, d’autres interrogations émergent concernant certaines procédures de recrutement d’experts internationaux dans le cadre du programme.
Selon des sources administratives proches du dossier, certains recrutements auraient été effectués sans passer par des procédures d’appel à concurrence clairement formalisées. Ces éléments ne constituent pas nécessairement une irrégularité en soi, mais ils alimentent des interrogations dans plusieurs services administratifs.
« Certains profils retenus ont surpris », confie un observateur familier du fonctionnement du programme. « Les critères de sélection n’ont pas toujours été explicitement communiqués. » a-t-il révélé.
Interrogé par notre reporter de cette situation, le Directeur national de la réforme administrative au ministère du travail et de la fonction publique, Monsieur Djenabou Mady Koma dit n’est pas informé de cette étape. ‘’Je sais quand même que leur paiement à retardé. Ce retard est indépendant de la volonté du ministère’’ a-t-il indiqué.
Oumar M’Böh








