Confrontées à la multiplication des activités de dragage sur le fleuve Sankarani, les autorités de Mandiana affichent leur volonté de reprendre le contrôle d’une situation devenue préoccupante. Plus de 200 dragues seraient actuellement déployées sur le cours d’eau, tandis que la justice annonce des poursuites contre les auteurs d’exploitations illégales et leurs complices.
Le phénomène a pris une ampleur telle qu’il mobilise désormais à la fois les services techniques et l’autorité judiciaire.
À Mandiana, plus de 200 dragues seraient installées sur le fleuve Sankarani, au niveau de la rive gauche de Sokouraba, dans la sous-préfecture de Kantoumanina, pour des activités d’exploitation aurifère. Une concentration d’engins qui suscite de vives préoccupations en raison des conséquences environnementales redoutées sur l’un des principaux cours d’eau de la région.

Les services chargés de la protection de l’environnement alertent notamment sur les risques que cette activité fait peser sur l’équilibre écologique du fleuve. La qualité des eaux, la biodiversité aquatique ainsi que les activités économiques dépendantes du Sankarani figurent parmi les enjeux mis en avant par les acteurs locaux.
Selon des sources locales, la situation s’est accentuée ces derniers mois dans un contexte marqué par l’insuffisance des opérations de contrôle. Le directeur préfectoral de l’Environnement de Mandiana explique que l’absence de missions régulières sur le terrain a limité la capacité d’intervention des agents face aux exploitations non conformes.
« La situation s’est aggravée parce que les services compétents n’ont pas pu effectuer les descentes nécessaires sur le terrain. Sans moyens opérationnels, il devient difficile d’assurer le suivi et la protection des ressources naturelles », a-t-il indiqué.
Face à cette évolution, le parquet de Mandiana annonce une réponse judiciaire. Le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Mandiana, Abdoulaye Soumah, affirme que les personnes impliquées dans l’exploitation illégale du fleuve, ainsi que celles qui contribueraient à ces activités, feront l’objet de poursuites.
Le magistrat rappelle que l’exploitation des ressources minières demeure soumise à des dispositions légales strictes et que les atteintes aux règles de protection de l’environnement peuvent entraîner des sanctions devant les juridictions compétentes.
« Nul ne doit se placer au-dessus de la loi. Les auteurs d’infractions environnementales, ainsi que leurs complices, répondront de leurs actes », a-t-il déclaré.
Dans les localités riveraines, l’inquiétude gagne du terrain. Pour de nombreux habitants, le Sankarani représente bien plus qu’un simple cours d’eau. Il constitue un support essentiel pour l’agriculture, la pêche et l’approvisionnement des populations. Certains redoutent que la poursuite des activités de dragage n’entraîne une dégradation durable du fleuve.
Le dossier met en lumière les défis auxquels est confrontée la Guinée dans la gestion de ses ressources naturelles. Sur le terrain, les attentes se concentrent désormais sur le renforcement des contrôles, l’application effective des réglementations minières et environnementales ainsi qu’une surveillance accrue des zones les plus exposées à l’exploitation aurifère clandestine.
Djoumè SACKO , lvp.








