Kankan est au cœur d’une vive polémique après la diffusion sur Facebook d’une vidéo du jeune vlogueur Tato de Porto. Cette vidéo montre le transfèrement de deux patients souffrant de fractures dans des conditions jugées dangereuses, provoquant l’émoi dans la région.

L’Hôpital Régional de Kankan a rapidement réagi par un communiqué officiel. Selon la direction, les parents des patients auraient expressément demandé le départ de leurs enfants pour recourir à la médecine traditionnelle, et auraient signé une décharge. L’établissement précise que quatre ambulances étaient disponibles mais non sollicitées et que les jeunes accompagnateurs ont transporté les malades eux-mêmes.
La direction appelle à la responsabilité et au calme, et a annoncé le dépôt d’une plainte contre le vlogueur pour « diffamation et désinformation ». Il lui est notamment reproché des déclarations relatives à une présumée non-assistance à personne en danger. L’hôpital insiste sur le fait qu’il n’oriente pas les patients vers des praticiens non conventionnels et qu’il reste pleinement engagé au service de la santé publique.
Mais cette version des faits soulève de sérieuses interrogations. Même si les familles insistent, laisser sortir des patients avec des fractures sans accompagnement médical approprié constitue un risque grave. Le transport des blessés dans des conditions précaires, comme dans le coffre d’une voiture, témoigne d’un manque de contrôle et de suivi. La disponibilité des ambulances mais leur non-utilisation interroge également sur la responsabilité de l’hôpital dans la sécurité des patients.
Par ailleurs, le choix de porter plainte contre le jeune vlogueur, plutôt que de reconnaître les manquements et de corriger la situation, est perçu par certains comme une tentative de protection de l’image de l’établissement. Les images diffusées ne mentent pas : elles montrent une réalité inquiétante qui méritait une explication transparente.
Cette affaire relance le débat sur la responsabilité des structures sanitaires face aux pressions familiales et sur le rôle des médias citoyens pour révéler des situations critiques. Kankan et son hôpital régional sont désormais sous les yeux de tous, et la polémique pourrait bien entraîner des mesures pour renforcer la sécurité et le suivi des patients.
Djoumè SACKO pour www.lavoixdupeuple.info









