Les activités académiques pourraient connaître de fortes perturbations dans les prochains jours à l’Institut supérieur de l’information et de la communication de Kountia, situé dans la préfecture de Coyah. La section syndicale de l’institut a officiellement déposé un préavis de grève le jeudi 29 janvier 2026 sur le bureau de la directrice générale.
Le document, transmis à Africaguinee.com, émane du bureau exécutif de la section syndicale de l’ISIC de Kountia, agissant au nom de l’ensemble des travailleurs. Les signataires y expriment plusieurs revendications majeures, notamment l’amélioration des conditions de travail, une meilleure gouvernance interne ainsi qu’un relèvement de la qualité des services académiques et administratifs.
Au cœur de la contestation figure également le retard dans le paiement des subventions accordées à l’institution. Le syndicat dénonce particulièrement le non-décaissement à temps de la subvention du troisième trimestre, une situation qui affecte selon lui le fonctionnement normal de l’ISIC et pénalise le personnel.
Dans le préavis, la section syndicale exige le décaissement immédiat de ladite subvention. Elle affirme que l’absence de solution concrète face à ce blocage l’oblige à envisager un recours à la grève afin de faire valoir ses droits.
Les travailleurs préviennent que sans issue favorable dans un délai de soixante-douze heures à compter du dépôt du préavis, un mouvement de grève sera déclenché à partir du lundi 2 février 2026. Cette grève concernera l’ensemble du personnel, enseignants-chercheurs compris, avec un arrêt total des activités professionnelles, tout en restant ouverts au dialogue pour une résolution rapide et constructive.
Réagissant après le dépôt du préavis, la directrice générale de l’ISIC a apporté des explications sur la situation. La professeure Djénabou Barry a rappelé que les subventions des institutions d’enseignement supérieur sont versées de manière trimestrielle et que des retards peuvent parfois survenir au niveau du ministère des Finances ou de la Banque.
Elle a souligné que jusque-là, lorsque les subventions étaient reçues, l’agent comptable procédait normalement au décaissement pour couvrir les besoins pédagogiques, les vacations des enseignants, les soutenances, les séminaires et les conférences. Toutefois, des difficultés sont apparues depuis deux trimestres en raison du renforcement des règles de décaissement.
Selon elle, les autorités ont souhaité limiter l’usage des paiements en espèces et privilégier les virements bancaires afin de réduire la manipulation du cash et encourager de nouvelles pratiques de gestion financière. C’est dans ce cadre que l’ISIC a entamé ce processus, ce qui a entraîné certains ralentissements.
Malgré les tensions, un cadre de dialogue a été rapidement mis en place. La directrice générale a indiqué qu’une rencontre est prévue ce vendredi entre les différentes parties pour examiner la situation. Elle a également précisé que plusieurs institutions se trouvent dans une situation similaire, certaines ayant reçu leur subvention de manière partielle.
La professeure Djénabou Barry dit comprendre la démarche du syndicat et reconnaît son droit à la revendication. Elle assure que des dispositions seront prises pour trouver une solution.
Les échanges de ce vendredi réuniront les responsables de l’ISIC ainsi que des représentants du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, dans l’espoir d’éviter une paralysie des activités académiques.
Affaire à suivre…
Djoumè Sacko pour www.lavoixdupeuple.info










