Classé 3ᵉ de la Legal Powerlist 100 d’Africa Business+ (édition 2026), Me Baba Hady Thiam confirme son statut parmi les avocats d’affaires les plus influents du continent. Dans cet entretien qu’il a bien voulu accorder à Mediaguinee , il revient sur la portée de cette distinction, évoque l’attractivité croissante de la Guinée auprès des investisseurs, dévoile les ambitions internationales de son cabinet, Thiam & Associés, et livre un message inspirant à la nouvelle génération de juristes africains. Interview…
« Cette reconnaissance confirme qu’un cabinet fondé en Guinée peut accompagner les opérations les plus complexes en Afrique francophone et répondre aux standards internationaux les plus exigeants. »
Mediaguinee : Vous venez d’être classé 3ᵉ dans la Legal Powerlist 100 d’Africa Business+ édition 2026. Que représente cette distinction pour vous, pour le cabinet Thiam & Associés et pour la Guinée ?
Baba Hady Thiam : C’est évidemment une immense satisfaction, mais surtout beaucoup de gratitude. Cette distinction dépasse très largement ma personne. Elle récompense le travail accompli depuis près de dix ans par toute l’équipe de Thiam & Associés, les anciens comme les actuels collaborateurs, qui ont chacun contribué à bâtir ce cabinet. Elle est également le reflet de la confiance que nous accordent nos clients, nos partenaires et tous ceux qui nous accompagnent depuis le début.
Pour Thiam & Associés, alors que nous célébrerons notre dixième anniversaire l’an prochain, cette reconnaissance confirme qu’un cabinet fondé en Guinée peut accompagner les opérations les plus complexes en Afrique francophone et répondre aux standards internationaux les plus exigeants. C’est un encouragement à poursuivre sur cette voie, avec la même exigence, la même humilité et la même ambition.
Enfin, cette distinction est aussi une excellente nouvelle pour la Guinée. Elle témoigne de son dynamisme économique actuel et montre que notre pays ne se distingue pas uniquement par ses ressources naturelles mais également par l’excellence et le savoir-faire technique de ses professionnels.
« La Guinée connaît aujourd’hui une attractivité remarquable. J’aime dire qu’elle est passée du championnat national à la Ligue des champions »
Mediaguinee : Vous êtes aujourd’hui l’un des avocats d’affaires africains les plus reconnus. Quel message cette distinction envoie-t-elle aux investisseurs qui s’intéressent à la Guinée ?
Baba Hady Thiam : La Guinée connaît aujourd’hui une attractivité remarquable. J’aime dire qu’elle est passée du championnat national à la Ligue des champions. Pour la petite anecdote, je vois désormais arriver en Guinée des investisseurs et même des amis qui, seulement cinq ans en arrière, regardaient encore notre pays avec beaucoup de scepticisme.
Les investisseurs recherchent avant tout un environnement où évoluer avec confiance. Cette approche repose en partie sur la qualité du cadre juridique et des conseils locaux.
Au cours des dernières années, nous avons eu le privilège d’intervenir sur certaines des opérations les plus importantes menées en Guinée et, plus largement, en Afrique francophone, dans les secteurs minier, énergétique, des infrastructures, des télécommunications et des partenariats public-privé. Ces expériences confirment que l’expertise locale a toute sa place au cœur des plus grandes transactions du continent.
À notre niveau, nous contribuons ainsi à renforcer activement l’attractivité de la Guinée. Les ressources naturelles constituent un formidable levier de transformation économique, mais, à long terme, ce sont la qualité et l’efficacité des institutions, la sécurité juridique et judiciaire ainsi que le capital humain qui assureront le pérennité de ces investissements..
« Notre conviction est simple : la qualité d’un cabinet ne dépend pas de sa situation géographique mais de son niveau d’exigence. Nous voulions démontrer qu’un cabinet africain pouvait offrir le même niveau d’excellence que les références historiques internationales. »
Mediaguinee : En fondant Thiam & Associés à Conakry, aviez-vous dès le départ l’ambition de construire un cabinet capable de rivaliser avec les acteurs majeurs du droit des affaires en Afrique et à l’international ?
Baba Hady Thiam : Absolument. Cette ambition existe dès le premier jour.
Notre conviction est simple : la qualité d’un cabinet ne dépend pas de sa situation géographique mais de son niveau d’exigence. Nous voulions démontrer qu’un cabinet africain pouvait offrir le même niveau d’excellence que les références historiques internationales.
Cela impliquait d’investir massivement dans les talents, la formation, l’éthique, l’innovation et la compréhension des besoins des entreprises et des investisseurs.
Nous avons toujours privilégié la compétence plutôt que la taille, l’expertise plutôt que le volume et la satisfaction du client plutôt que la recherche de croissance à tout prix.
Avec le recul, je crois que cette vision était la bonne. Les reconnaissances que nous recevons aujourd’hui sont avant tout la conséquence d’un travail constant et d’une ligne directrice que nous n’avons jamais abandonnée.
Mediaguinee : Après ce nouveau succès, quelles sont les prochaines ambitions et les orientations stratégiques de Thiam & Associés pour poursuivre son développement en Afrique et renforcer son rayonnement au-delà du continent ?
Baba Hady Thiam : Cette distinction est davantage un encouragement qu’un aboutissement.
Notre ambition est de poursuivre le développement du cabinet en consolidant notre position parmi les références du droit des affaires en Afrique francophone, tout en renforçant notre présence sur les grandes opérations panafricaines.
Nous continuerons également à investir dans les talents, dans la formation de nos équipes et dans le développement de nouvelles expertises afin d’accompagner les mutations économiques du continent.
Par ailleurs, nous sommes aujourd’hui très avancés dans l’ouverture d’un nouveau bureau au sein de l’une des principales places d’affaires mondiales. Ce projet devrait voir le jour au début de l’année 2027 constituerait une nouvelle étape majeure dans notre stratégie de développement international.
« Les grands dossiers internationaux exigent de la patience. Les résultats ne viennent pas du jour au lendemain. Ils sont le fruit d’années de travail, de rigueur et de persévérance. Dans ce métier, ce n’est qu’en forgeant qu’on devient un bon forgeron. »
Mediaguinee : Forts de votre expérience et de votre parcours, quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes avocats africains qui aspirent à s’imposer dans les grands dossiers économiques internationaux ?
Baba Hady Thiam : Je leur dirais d’abord de croire en leurs capacités et de se former. Le secteur du conseil juridique est aujourd’hui extrêmement compétitif mais il récompense le mérite, le travail, la compétence et la crédibilité. Je les encourage donc à investir dans leur formation, à développer une solide culture juridique, à maîtriser les langues étrangères (l’anglais et le mandarin notamment), à comprendre les réalités économiques et financières des entreprises et à cultiver une éthique irréprochable. Les grands dossiers internationaux exigent de la patience. Les résultats ne viennent pas du jour au lendemain. Ils sont le fruit d’années de travail, de rigueur et de persévérance. Dans ce métier, ce n’est qu’en forgeant qu’on devient un bon forgeron.
Enfin, j’espère que cette génération ira plus loin encore en brisant le plafond de verre pour que les cabinets d’affaires africains ne se contentent plus de prendre part aux grandes opérations du continent mais les pilotent et les structurent depuis l’Afrique.
Réalisée par Mamadou SAVANÉ pour Mediaguinee


