La Guinée franchit une étape majeure pour sa relance économique. Ce mercredi 25 février 2026, le Conseil National de la Transition (CNT) a validé deux financements importants, totalisant 190 millions de dollars, destinés à renforcer le programme social NAFA et à développer un corridor routier stratégique vers le Sénégal.
Une première enveloppe de 50 millions de dollars, apportée par l’Association Internationale de Développement (IDA), vise à consolider le programme NAFA, géré par l’Agence Nationale d’Inclusion Économique et Sociale (ANIES). L’objectif : protéger les ménages les plus fragiles et pallier les conséquences de la tragédie du dépôt d’hydrocarbures à Kaloum.

Le CNT a insisté sur la transparence et l’efficacité de la distribution. Les conseillers recommandent :
– une digitalisation accrue des paiements, via Mobile Money,
– une mise à jour rigoureuse du Registre Social Unifié, pour éviter les doublons et garantir que l’aide atteigne les vrais bénéficiaires.
Le second financement concerne un tronçon de 53 km entre Mali et Gadhalougué, au cœur du futur corridor Guinée‑Sénégal, financé par la Banque Islamique de Développement (BID) à hauteur de 140 millions d’euros. Ce projet doit faciliter les échanges commerciaux et renforcer la connectivité régionale, tout en brisant l’isolement des zones intérieures.
Si le CNT a salué le projet, il a également exprimé des réserves sur les retards précédents, notamment sur l’axe Labé‑Mali. Les conseillers ont exigé :
● l’indemnisation préalable des riverains,
● la mise en place d’une garantie décennale pour protéger l’infrastructure contre toute dégradation.
Le CNT a rappelé que ces financements ne doivent pas être de simples promesses. Il a recommandé :
– de favoriser la main‑d’œuvre locale,
– de mettre en place un suivi strict et un audit indépendant des projets.
L’impact attendu ? Des avantages pour Conakry et l’intérieur du pays, à la fois pour les familles vulnérables et pour le développement économique régional. Le CNT prévoit également un audit annuel du projet NAFA et l’installation de stations de pesage pour préserver la durabilité du corridor routier.
Le montant total du financement s’élève à 50 millions de dollars US avec les principales conditions suivantes :
Commission d’engagement : 0,5 % par an sur le solde non retiré
Durée de remboursement : 40 ans, dont 11 ans de grâce
Paiement semestriel (15 juin et 15 décembre)
Monnaie de remboursement : Dollar américain
Date de clôture des décaissements : 31 décembre 2026.
A l’issue, le CNT a formulé plusieurs recommandations au gouvernement, dont :
L’institution d’un audit annuel indépendant
La publication trimestrielle des décaissements
La mise en place d’un mécanisme formel de gestion des plaintes
L’actualisation du registre social unifié
La digitalisation des paiements
L’intégration d’indicateurs mesurables de résilience
L’indexation des transferts monétaires au taux d’inflation
Selon la Commission du Plan, ce financement additionnel constitue un levier stratégique pour renforcer le système national de protection sociale et améliorer la résilience des ménages vulnérables, notamment après l’explosion du principal dépôt d’hydrocarbures de Kaloum.
Le second accord porte sur un financement conclu entre la République de Guinée et la Banque Islamique de Développement (BID) pour la construction du corridor routier régional Guinée-Sénégal, précisément le tronçon Mali-Gadhalougue.
Le montant total du financement est de 140 millions d’euros, avec les caractéristiques suivantes :
Période de remboursement : 15 ans
Période de grâce : 5 ans
Durée d’exécution : 5 ans à compter du premier décaissement
Marge totale : 1,9 % (prime de risque, marge de financement et commission de service)
Taux de référence : Mid-Swap à 10 ans (2,6 %)
Recommandations clés
Le CNT recommande notamment :
L’élaboration d’un plan d’entretien routier pluriannuel
Le paiement effectif des indemnisations avant démarrage des travaux
La priorité à la main-d’œuvre locale
Le renforcement de la coopération transfrontalière avec le Sénégal et le Mali
L’opérationnalisation des stations de péage et de pesage
Pour les conseillers nationaux ces deux accords présentent des dimensions à la fois économiques et sociales majeures. C’est pourquoi au regard des enjeux de développement et des impacts attendus au bénéfice des populations, les législateurs ont autorisé la ratification des deux accords.
Djoumè et Oumar






