À l’occasion d’une conférence de presse organisée par la Coalition politique pour la rupture (CPR), le Dr Faya Lansana Millimono, ancien candidat à l’élection présidentielle, a exprimé de vives inquiétudes quant à l’évolution du climat politique en Guinée, dénonçant une concentration croissante du pouvoir exécutif.
Selon lui : « À chaque fois que le pouvoir se concentre sans contre-pouvoir, la démocratie recule », a-t-il déclaré devant les médias, estimant que le pays s’achemine vers une forme de « parti-État » à l’approche des élections communales et législatives.
Selon l’opposant, l’initiative de création d’un parti politique, portée par le Premier ministre sur mandat présidentiel, contribuerait à brouiller la frontière entre l’appareil d’État et l’engagement partisan. Une telle dynamique, affirme-t-il, mettrait en péril la neutralité de l’administration publique et affaiblirait les principes républicains.
Il s’est également inquiété d’un rétrécissement progressif de l’espace civique, évoquant notamment la suspension de certains partis politiques, la fermeture de médias et l’interdiction de manifestations.
« Ces mesures transforment les élections en rituel de confirmation plutôt qu’en véritable compétition. L’unité nationale n’est pas l’uniformité politique », a-t-il soutenu.
Faisant référence à la période du parti unique en Guinée, le président du Bloc libéral a rappelé les conséquences de la concentration du pouvoir sur la vie politique et institutionnelle du pays, notamment l’exil de nombreuses figures de l’élite nationale.
Il a par ailleurs dénoncé ce qu’il considère comme des pressions exercées sur des gouverneurs, préfets et agents publics pour rejoindre le parti en gestation, estimant que cette situation pourrait entraîner une politisation accrue de l’administration et des forces de sécurité.
« La sécurité protège la nation, elle ne bourre pas les urnes », a-t-il insisté, appelant au strict respect du caractère apolitique des forces de défense et de sécurité.
Pour garantir la transparence et la crédibilité des prochains scrutins, le Dr Millimono a énuméré cinq exigences jugées essentielles par la CPR :
La mise en place d’un organe électoral réellement indépendant ;
L’établissement d’un fichier électoral fiable ;
Une observation électorale libre et sans entrave ;
La publication des résultats bureau par bureau ;
Un mécanisme de contentieux électoral transparent et accessible.
En conclusion, il a lancé un appel à l’ensemble des acteurs politiques, y compris ceux en exil, à privilégier le pluralisme et la compétition démocratique. « La Guinée mérite des institutions justes et des élections transparentes. L’histoire nous regarde, soyons à la hauteur », a-t-il déclaré.
Abou Camara









