Selon plusieurs sources concordantes au sein de l’armée et de la classe politique bissau-guinéenne, Umaro Sissoco Embaló aurait tenté de mettre en scène son propre renversement afin d’empêcher la proclamation de sa défaite dès le premier tour de l’élection présidentielle du 23 novembre 2025. Une stratégie risquée, élaborée avec certains de ses plus fidèles alliés militaires, qui visait à brouiller le processus électoral et à imposer une transition sous contrôle.
Dès le 24 novembre, les procès-verbaux issus des neuf régions, de Bissau et de la diaspora donnaient une avance nette au candidat de l’opposition Fernando Dias da Costa. Plusieurs officiers affirment que la défaite d’Embaló était « inévitable », « mathématiquement irréversible ». Face à cette réalité, expliquent ces sources, le président sortant aurait envisagé différents scénarios pour retarder ou invalider les résultats.
.La “fausse arrestation” : un scénario préparé en amont
Le 26 novembre, Embaló a affirmé lui-même à Jeune Afrique qu’il avait été arrêté dans son bureau du palais présidentiel vers midi. Or, selon une source militaire ayant requis l’anonymat, cette « arrestation » aurait été orchestrée avec des officiers loyaux, dont :le général Biagué Na Ntan, chef d’état-major général des armées, le général Mamadou Touré, vice-chef d’état-major, le ministre de l’Intérieur Botche Candé.
L’objectif aurait été de faire croire à un coup d’État interne, afin de neutraliser temporairement les institutions et d’empêcher la Commission électorale de proclamer sa défaite.
Pourquoi simuler un coup d’État ?
La stratégie, selon les sources, reposait sur trois axes : Gagner du temp, empêcher la proclamation des résultats du 27 novembre, le temps de reconfigurer le rapport de force et de contester le dépouillement et proposer une période de transition militaire de six mois, durant laquelle Embaló pourrait se repositionner et revenir comme candidat.
Masquer sa défaite
Créer l’illusion que sa « victoire » aurait été confisquée par l’armée, et non rejetée par les urnes. Cette version expliquerait pourquoi le président a insisté pour dire qu’il n’avait subi « aucune violence » : la mise en scène devait rester crédible, mais contrôlée. Ce plan aurait cependant échappé au contrôle d’Embaló lorsque des officiers non alignés ont dénoncé publiquement une manipulation politique.
Selon plusieurs militaires, « la victoire de Fernando Dias était sans appel », et les tentatives de brouiller le processus n’auraient pas trouvé l’appui espéré au sein de la troupe.
Ces révélations ont précipité la désorganisation autour d’Embaló, dont les hommes armés ont ouvert le feu dans la capitale pour semer la panique un geste qui aurait finalement accéléré l’intervention d’autres unités décidées à stabiliser la situation.
Fernando Dias rejette toute tentative de confiscation
Dans un communiqué, Fernando Dias a immédiatement rejeté ce qu’il qualifie de « manœuvres » : « Notre victoire ne sera pas confisquée. Le peuple a choisi. » Il a demandé à l’armée de se tenir à l’écart et a appelé la population au calme.










