La Guinée occupe le 142e rang mondial dans l’édition 2025 de l’Indice de perception de la corruption (IPC) publié par Transparency International. Rapporté à l’espace ouest-africain, ce positionnement situe le pays dans le tiers inférieur des États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
L’IPC, indicateur de référence internationale, mesure la perception du niveau de corruption dans le secteur public à partir d’enquêtes auprès d’experts et d’acteurs économiques. Bien qu’il ne quantifie pas les faits judiciaires, il constitue un baromètre important de la gouvernance publique et de la crédibilité institutionnelle.
Une sous-région contrastée
Au sein de la CEDEAO, les performances sont marquées par une forte hétérogénéité. Le Cap-Vert (35e mondial) apparaît comme le leader régional et l’un des pays les mieux classés d’Afrique. Il est suivi par le Sénégal (65e), le Bénin (70e) et le Ghana (76e), qui figurent dans la première moitié du classement continental.
À l’inverse, certains États ouest-africains se situent dans les profondeurs du classement, notamment la Guinée-Bissau (161e) ou encore le Mali (136e) et le Liberia (136e).
Dans ce contexte, la Guinée, avec son 142e rang, se positionne derrière la Côte d’Ivoire (76e), le Ghana (76e) et le Sénégal (65e), mais devant la Guinée-Bissau (161e). Elle partage le même niveau mondial que le Nigeria et le Cameroun (hors CEDEAO).
Une position intermédiaire inférieure
L’analyse comparative montre que la Guinée n’est pas parmi les pays les plus mal classés de la sous-région, mais demeure en retrait par rapport aux États considérés comme les plus avancés en matière de transparence et de gouvernance publique.
Dans la CEDEAO, les pays les mieux classés présentent généralement :
• une stabilité institutionnelle plus consolidée,
• des mécanismes de contrôle administratif plus efficaces,
• une justice perçue comme relativement indépendante,
• une continuité des réformes publiques.
À l’inverse, les États confrontés à des transitions politiques prolongées ou à des fragilités institutionnelles enregistrent souvent des scores plus faibles.
Un enjeu stratégique pour la gouvernance
Pour la Guinée, ce classement souligne les défis persistants en matière de perception internationale de la lutte contre la corruption. Si des efforts ont été engagés ces dernières années pour renforcer la moralisation de la gestion publique et lutter contre les détournements, leur impact demeure encore limité dans les indices internationaux.
L’amélioration du positionnement guinéen dépendra notamment :
• du renforcement durable des institutions de contrôle,
• de la consolidation de l’État de droit,
• de la crédibilité des mécanismes de reddition des comptes,
• et de la transparence dans la gestion des ressources publiques.
Dans un contexte régional marqué par des disparités importantes, la trajectoire future de la Guinée en matière de gouvernance constituera un indicateur clé de sa dynamique institutionnelle et de son attractivité économique.
Mohamed CONDE pour www.lavoixdupeuple.info










