Le Sénégal a écrit l’une des plus belles pages de son histoire sportive. En remportant sa deuxième Coupe d’Afrique des Nations face au Maroc, au terme d’une finale âpre, disputée et chargée d’émotions, les Lions de la Téranga ont confirmé leur place parmi les grandes puissances du football africain. Ce sacre, obtenu au bout de la prolongation, est celui de la maturité, de la constance et d’un leadership incarné par une figure devenue intemporelle : Sadio Mané, élu meilleur joueur du tournoi.

Cette finale opposait deux nations majeures du football continental. D’un côté, le Sénégal, à la recherche de sa seconde coupe d’Afrique, sûr de ses forces, fort d’un collectif expérimenté. De l’autre, le Maroc, porté par cinquante années d’attente, une génération talentueuse et l’espoir de renouer enfin avec la gloire africaine. Le choc fut à la hauteur des attentes, intense, tactique et souvent fermé.
Le tournant du match survient sur un fait de jeu qui marquera durablement les débats. Lorsque l’arbitre congolais siffla un penalty jugé injuste en faveur des Lions de l’Atlas, les Lions de la Téranga quittèrent brièvement la pelouse en signe de protestation. En leader éclairé, Sadio Mané alla consulter le doyen Claude Le Roy sur la conduite à tenir. Ce dernier lui conseilla de faire revenir ses coéquipiers, rappelant que seul le meilleur devait l’emporter sur le terrain. Après quelques minutes d’hésitation, Brahim se présenta face au but mais manqua sa tentative, comme par enchantement. Un instant suspendu, suivi d’un immense soulagement côté sénégalais. Ce raté, vécu par beaucoup comme une forme de justice divine, rappelle que face à l’injustice, Dieu a toujours le dernier mot.
Le Sénégal, loin de vaciller, démontre alors une force mentale remarquable. Guidés par Sadio Mané, les Lions de la Téranga restent disciplinés, solidaires et concentrés. La rencontre se prolonge, et c’est dans la prolongation, au moment où les organismes sont éprouvés et où l’expérience devient décisive, que le Sénégal fait parler sa maîtrise collective. Sur une action construite avec lucidité et patience, les Lions inscrivent le but décisif, libérant un peuple entier et scellant un sacre historique.
Au cœur de cette épopée se dresse, une fois encore, Sadio Mané. Capitaine dans l’âme, leader naturel, il incarne la réussite sénégalaise bien au-delà de ses statistiques. Son engagement, son sens du sacrifice, sa capacité à tirer le groupe vers le haut et à assumer la pression des grands rendez-vous font de lui un symbole national. Déjà héros du premier sacre continental, il confirme lors de cette CAN son statut de légende vivante du football africain.
Mais ce titre est avant tout celui d’un collectif exceptionnel, construit avec rigueur et intelligence. Dans les buts, Édouard Mendy a encore prouvé qu’il est l’un des meilleurs gardiens du continent, décisif dans les moments clés. À ses côtés, Alfred Gomis et Mory Diaw ont apporté sérénité et professionnalisme au groupe.
En défense, le capitaine Kalidou Koulibaly a été impérial, véritable patron d’arrière-garde. Son autorité, son sens du placement et son leadership ont rassuré toute l’équipe. Il a été parfaitement épaulé par Abdou Diallo, Cheikhou Kouyaté, Youssouf Sabaly, Fodé Ballo-Touré, Bouna Sarr et Krépin Diatta, formant un bloc compact, discipliné et difficile à contourner.
Le milieu de terrain, véritable cœur du jeu sénégalais, a été remarquable de constance et d’intelligence tactique. Idrissa Gana Gueye, infatigable récupérateur, Nampalys Mendy, précieux dans l’équilibre, Pape Gueye, Pape Matar Sarr et Pathé Cissé ont su contrôler le tempo, casser le jeu adverse et alimenter l’attaque avec justesse.
En attaque, autour de Sadio Mané, des joueurs comme Ismaïla Sarr, Boulaye Dia, Famara Diédhiou et Nicolas Jackson ont multiplié les efforts, les appels et les sacrifices, mettant constamment sous pression les défenses adverses. Leur complémentarité et leur engagement ont été déterminants dans les moments décisifs.
Ce deuxième sacre porte également la marque d’un homme : Pape Thiaw, sélectionneur de l’équipe nationale. Avec calme, lucidité et sens de la gestion humaine, il a su tirer le meilleur de son groupe. Son approche pragmatique, son respect de l’identité sénégalaise et sa confiance accordée aux joueurs ont permis au Sénégal de franchir un nouveau palier. Sous sa direction, les Lions de la Téranga ont confirmé qu’ils ne sont plus des outsiders, mais des champions installés.
Pour le Maroc, la déception est immense. Cette finale perdue prolonge une attente longue de cinquante ans. Mais le parcours des Lions de l’Atlas, leur qualité de jeu et leur compétitivité rappellent qu’ils demeurent une grande nation du football africain, appelée à revenir encore plus forte.
Le Sénégal, lui, entre définitivement dans une autre dimension. Ce deuxième titre continental consacre une génération exceptionnelle, portée par une vision claire et un leadership assumé. Plus qu’un trophée, c’est la confirmation d’un statut.
Et au centre de cette victoire, un nom restera à jamais gravé : Sadio Mané. Un leader, un modèle, un symbole d’excellence et de dignité. Le Sénégal lui rend hommage. L’Afrique s’incline. Les Lions de la Téranga sont rois.
Pour permettre au peuple sénégalais de savourer pleinement cette victoire historique, le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a décrété la journée du lundi 19 janvier 2026 fériée, chômée et payée sur toute l’étendue du territoire national.
Par Aboubacar SAKHO
Expert en communication







