L’Assemblée nationale sénégalaise franchit une étape historique avec l’adoption ce mercredi, en inter-commission, de la proposition de loi portant création de sa propre chaîne de télévision. Une initiative destinée à renforcer la transparence des activités législatives et à rapprocher l’institution des citoyens.
Une nouvelle ère de transparence au Sénégal : l’Assemblée nationale franchit une étape historique avec l’adoption, en inter-commission, de la proposition de loi portant création de sa propre chaîne de télévision. Ce futur service public audiovisuel, affranchi de toute logique commerciale, se veut un outil de modernisation institutionnelle destiné à ouvrir les portes de l’Hémicycle aux citoyens, à renforcer la formation civique et à garantir un pluralisme politique strict au cœur du débat démocratique.
Vers une transparence accrue de l’action publique. L’Inter-commission de l’Assemblée nationale a adopté hier la proposition de loi n°02/2026 portant création d’une chaîne de télévision parlementaire. Ce nouvel outil audiovisuel, porté par une volonté de modernisation institutionnelle, vise à rapprocher les citoyens de leurs représentants, tout en renforçant la formation civique. Un tournant pour la transparence parlementaire ? Le projet, impulsé par le président de l’Assemblée nationale, s’inscrit dans une dynamique de consolidation de l’Etat de Droit. Selon Monsieur Mohamed Ayib Salim Daffé, co-auteur du texte, cette chaîne ne sera pas une simple plateforme de retransmission, mais un véritable service public audiovisuel. Elle aura pour mission de diffuser de manière intégrale et fidèle les séances plénières, les travaux en commission et les auditions publiques. L’objectif est de garantir une information institutionnelle claire et fiable, facilitant ainsi la compréhension des processus législatifs par le Peuple souverain.
Un contenu pédagogique et pluraliste
Au-delà de l’actualité législative, la chaîne parlementaire produira des contenus originaux touchant à plusieurs domaines clés : gouvernance publique et droits fondamentaux, diplomatie parlementaire et intégration africaine, et grands débats de société et participation citoyenne. Le projet accorde une importance particulière à la jeunesse à travers un volet de formation civique pour mieux faire comprendre le fonctionnement des institutions républicaines.
Indépendance et régulation interne
Pour garantir sa crédibilité, la chaîne jouira d’une autonomie éditoriale totale. Elle sera affranchie de toute logique commerciale ou partisane, s’interdisant toute activité publicitaire. Son financement sera intégralement assuré par le budget de l’Assemblée nationale. En vertu du principe de séparation des pouvoirs, l’institution assurera sa propre autorégulation, échappant ainsi à la tutelle du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra). Un Conseil éditorial, supervisé par le Bureau de l’Assemblée nationale, veillera au respect du pluralisme politique et à l’impartialité de l’information.
Une couverture étendue, diaspora incluse
Les commissaires ont exprimé leur volonté de voir cette chaîne couvrir l’ensemble du territoire national. Les députés de la diaspora ne seront pas en reste, puisque des dispositifs particuliers sont prévus pour mettre en orbite leurs activités et assurer une visibilité à leurs circonscriptions respectives. «Cet instrument de revitalisation démocratique est essentiel pour renforcer la confiance entre les citoyens et leurs institutions», a conclu le rapporteur Samba Diouf.
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