L’Algérie a pu « récupérer 110 millions de dollars de fonds détournés » sous la présidence d’Abdelaziz Bouteflika et transférés à l’étranger. Le montant a été annoncé, ce dimanche, par le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, qui a fait le point, en conseil des ministres, sur l’opération lancée en 2020 visant à recouvrer l’argent public « transféré à l’étranger » par des « oligarques ».
Le chef de la diplomatie algérienne a expliqué, selon le communiqué du conseil des ministres, que 33 commissions rogatoires ont été adressées à la Suisse, dont 20 ont été étudiées et acceptées. « À ce jour, 04 dossiers ont été définitivement traités, portant sur des fonds détournés et gelés, permettant à l’Algérie de récupérer plus de 110 millions de dollars », a précisé le ministre, cité dans le même communiqué.
A cette occasion, a ajouté la même source, le président Abdelmadjid Tebboune, « a exprimé sa gratitude envers la Fédération de Suisse et le Royaume d’Espagne pour leur coopération dans ce processus de restitution des fonds pillés en Algérie ».
Il a rappelé, lit-on, que la France a refusé de coopérer avec l’Algérie sur le même sujet, soulignant que « 61 demandes similaires lui ont été adressées et elle n’a jusqu’à présent répondu à aucune de ces requêtes ».
Le chef de l’Etat algérien s’est engagé, rappelons-le, à l’occasion de son élection en 2019 à récupérer plusieurs dizaines de milliards de dollars pris illégalement par des hommes d’affaires et d’anciens hauts responsables, poursuivis, jugés et condamnés en Algérie pour « corruption » et « enrichissement illicite ». En 2023, lors d’une rencontre avec les opérateurs économiques du pays, il a réaffirmé « l’engagement de l’État à récupérer les fonds pillés et détournés, ainsi que les biens fonciers acquis de façon illégale à l’étranger ».
Selon lui, l’opération sera menée en collaboration avec les États européens, puisque l’Union européenne (UE) a donné « son accord de principe dans ce cadre », rappelant que nombreux pays européens ont collaboré avec l’Algérie pour récupérer les fonds pillés, et ce en participant aux enquêtes faites sur ces affaires de corruption.
« La récupération des fonds s’est faite de manière intelligente et les biens se trouvant à l’étranger seront bien entendu récupérés », a-t-il assuré, insistant sur le fait qu’« à l’intérieur du pays, les efforts se poursuivent et l’État sera en mesure de trouver tout ce qui a été pillé dans le passé et que l’enquête sur les affaires de corruption se poursuit de manière quotidienne et ne se limite pas aux anciens dossiers, mais concerne également de nouvelles affaires ».
Source: Anadolu Agency







