Le vendredi 26 décembre 2025, le ministère de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables a transformé le petit marché de Limaniya, dans le quartier Entag (Tombolia), en véritable espace de dialogue. L’objectif ? Faire parler les chiffres des violences basées sur le genre (VBG) et, en particulier, celles qui se déroulent en ligne, au cœur de la campagne des 16 jours d’activisme.
« Nous sommes ici pour que chaque femme, chaque fille, se sente entendue », a déclaré Abou Maimouna Diallo, directeur exécutif de la You Fondation Guinée, partenaire de l’événement. Avec le soutien technique et financier du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), la journée a réuni des jeunes, des commerçants, des artistes et des représentants du ministère autour d’un même message : les violences physiques, verbales et numériques ne sont plus invisibles.

Le thème de cette édition, « Violences numériques », a trouvé un écho particulier chez les lycéens. Fatoumata Kaba, élève en terminale sciences sociales, a pris la parole avec émotion : « J’ai bien compris le message ; je demande à toutes les jeunes filles de ne jamais envoyer de vidéos ou de photos intimes, même à ceux qu’on croit proches. » Son appel a été repris par les stands d’information, où des volontaires ont expliqué comment signaler le harcèlement en ligne et quelles sanctions la loi guinéenne prévoit.
En amont, une caravane de sensibilisation équipée de sonos mobiles a sillonné les quartiers de Conakry pendant cinq jours, créant un véritable buzz autour des 16 jours. Souleymane Camara, point focal de la lutte contre les mutilations génitales féminines au ministère, a salué l’énergie des jeunes : « Grâce à la You Fondation, ils deviennent des relais dans leurs familles et leurs écoles. Le changement passe aussi par les arts », a-t-il ajouté, en soulignant la prestation de sketches éducatifs qui ont fait rire et réfléchir le public.
L’événement a également été l’occasion de rappeler que la lutte contre les VBG ne s’arrête pas à une journée. « Nous poursuivons la mobilisation, quartier par quartier, pour que les comportements évoluent durablement », a conclu Abou Maimouna Diallo, les yeux brillants d’espoir.
Ainsi, au cœur du marché Limaniya, entre étals de fruits et cris de marchands, une communauté s’est rassemblée, prête à transformer les mots en actions concrètes pour mettre fin aux violences basées sur le genre.
Djoumè SACKO








