Conakry – 18 février 2026 – Le procès opposant Afriland First Bank à Souleymane « Apache » Bérété, directeur général de la Chambre nationale d’agriculture de Guinée, et à d’autres acteurs clés du secteur, révèle des montants colossaux et des enjeux financiers majeurs. Selon nos confrères de Media Guinée, l’avocat de la banque a mis en lumière des transactions suspectes dépassant 14 millions de dollars, portant sur des engagements commerciaux non respectés.
Lors de l’audience au tribunal correctionnel de Kaloum, la défense a invoqué plusieurs points juridiques : Article 50 du droit OHADA, qui renverrait aux États membres la décision sur les biens saisissables ; le décret 2022, article 69, qui rendrait les biens et fonds de la Chambre Nationale d’Agriculture insaisissables ; et l’article 7 du Code de procédure pénale, précisant qu’une action engagée devant une juridiction civile ne pourrait être reprise devant une juridiction répressive sans décision définitive. Après de longs débats, le tribunal a renvoyé l’affaire au 4 mars 2026 pour se prononcer sur ces exceptions.
Me Amadou Oury Diallo, représentant de la partie civile et associé gérant du cabinet AOD Avocat, a déclaré : « Le montant en cause avoisine plus de 14 millions de dollars pour l’achat des engrais. Il s’agit d’un différend commercial portant sur des engagements non respectés. La confiance entre les institutions financières repose sur le respect des engagements. » Il a ajouté : « Nous considérons que la société Crédit Rural de Guinée et la Chambre nationale d’agriculture, notamment Souleymane Bérété ‘Apache’ et Madina Dansoko, ont causé un préjudice et que ma cliente est en droit d’être rétablie dans ses droits. Les exceptions soulevées par la défense ne tiennent pas compte de la complexité de l’affaire. Nous espérons que le tribunal statuera en bon droit sur le rejet de ces exceptions ou les joindra au fond. »
Ce dossier met en lumière les failles et risques liés aux transactions financières entre institutions publiques et privées. Avec des montants qui dépassent largement les estimations initiales, l’affaire risque d’avoir un impact majeur sur la confiance dans le secteur bancaire et agricole en Guinée. Prochaine étape : audience de fond le 4 mars 2026, où toutes les parties devront apporter des éléments précis pour trancher cette affaire au centre de l’attention nationale.
Djoumè SACKO pour www.lavoixdupeuple.info







